I. CONSIDÉRATION
;>est le propre de l'humilité d'imprimer dans ie cœur dun homme vertueux, de quelque condition qu'il soit une certaine bonté et facilité à converser familièrement avec les plus petits , à leur parler avec douceur et a n'en mépriser aucun, pour vil et abject, et défectueux qu'il puisse être , mais les honorer en son cœur leur parler volontiers, les traiter favorablement, et se faire petitavec eux, selon cesbelies paroles de l'Apôtre : Fuyez cette hauteur d'esprit , qui ne se plaît qu'a l'éclat et à la grandeur du monde; ne vous élevez point par une fausse estime de vous-même, qui vous porte au mépris des autres, mais abaissez-vous par condescendance vers ceux qui paraissent les plus vilsetlesplus délaissés parmi les hommes; aimezleur petitesse, et donnez-lui en votre cœur la préférence à ont le faste et l'orgueil des grands du siècle (1). Trois rai-
onsnousy obligent, que j'emprunte de la personne de 5ésus-Christ.
La première est que le Fils de Dieu, étant souverain-mont grai d, a élevé, consacré et déifié la petitesse en sa personne. L'état de la grâce regarde pour son
CD Non alla sentientes, scd Ijumilibus couseuiientes.
centre et pour son origine l'anéantissement d'un Dieu qui s'est avifi jusqu'à la poussière de la terre, La grandeur et la magnificence, que le monde estime et cherche partout , n'a point de part avec lui : la petitesse y est très-signalée, il a voulu qu'elle fût adorée en sa naissance , en sa vie et en sa mort.il est sorti de sa grandeur , lui qui est le grand des grands , et? pour se faire petit, il s'est mis, non entre les anges, mais entre les hommes ; non entre les hommes , mais entre les enfants, demeurant dans cet humble état autant de temps que la nature le porte, sans se dispenser d'un seul moment en faveur de l'infinie excellence qu'il tenait p;r sa naissance éternelle de son Père. 11 n'est pas nécessaire de particulariser toutes les actions de sa vie : du commencement on peut juger quel a été le progrès et la fin. Partout il a été petit, l'humilité de sa croix répond à l'humilité de sa naissance; partout nous le voyons et l'adorons en un état qui lui fait dire qu'il est petit comme un ver de terre (1) ; partout nous trouvons la grandeur dans la bassesse, la divinité dans l'humanité, la puissanse dans la faiblesse, la sagesse dans la simplicité , l'honneur dans la croix, la vie dans la mort. Voilà l'exercice de notre foi, l'objet de notre amour, le sujet de notre adoration, le mystère de notre salut, l'ouvrage de notre réparation. Que si la petitesse estadorée dans notre chef, ne mérite-t-elie pas d'être aimée et honorée dans ses membres, et la beauté qu'elle a reçue en la personne du père, ne doit-elle pas rejaillir sur ses enfants?