I. CONSIDÉRATION
II a droit de se faire suivre, le pouvoir qu'il a sur nous le lu, donne ; car il est notre roi, notre chef" no
nLTZZT^r- qUi a UD emPire abs0>» ""' Ip «mÏ • , Jet qUi refuse de suivre son roi? ou
ba. rit m refUSe de SUiVre SOn Prince- e' de cornbattre sous ses enseignes? s'il s'en trouvait quelqu'un
qu. n'eût pas assez de courage, on le tiendrait pour un lâche ,| serait perdu d'honneur. La bienséance l'y oblige, et .1 ne s'en peut dispenser, à moins que de renoncer à la vie civile, et de se rendre l'opprobre des hommes. Si donc l'exemple des rois de la terre a (ant oe pouvoir sur leurs sujets, que doit-on penser du roi du cel, qu, nous a été donné de Dieu, et que nous avons nous-mêmes choisi, pour le suivre partout et l„i obéir en toutes choses ? Lorsque Jonalhas, fils de Saiil, pri t la résolution d'aller tout seul avec son page attaquer e camp des Philistins, que répondit ce "jeune semeur qu .1 mena avec lui comme le compagnon de ses Iravaux? Faites tout ce qu'il vous plaira, allez où bon vous tombera , irai partout où vous voudrez, et ne vous quitterai point (1). Ce qu'il dit il le fit, sans craindrele danger évident où il allait s'engager. Jonalhas grimpa sur le rocher, et son page d'armes après lui 12), tenant à deshonneur de ne pas mourir avec son maître. Pourquoi donc craindrons-nous de suivre Jésus-Christ oui nous invile à combattre nos ennemis invisibles ? Nous ne risquons rien avec lui , il n'y a rien à perdre sous un
(I) Fac omnia quœ placent anime tuo , perge qui cupis , et ero tecum ubicumquè voluoris. 1. Reg. U.
(2; Asccndit Jena,bas manibus et pedjous replans, el armiser ejus posl eum. 1. Reg. 11. 13.
28 L'HOMME D'ORMSON.
tel chef; mais, quand il faudrait perdre la vie, ce noi*9 serait une gloire incomparable, et nous devrions dire, avec saint Thomas : Jllons mourir avec lui (1) : la mort ne peut être plus honorable, que pour un sujet si juste et si légitime. Lorsque David fuyaiUa violence de son fils Absalon , qui avait conjuré sa ruine, il eut moins de peine à se faire suivre de ses fidèles serviteurs, qu'à les renvoyer; et quand il voulut persuader à Elhaï, qui n'était qu'un étranger, de retourner chez lui, ce généreux ami lui repartit : Vive Dieu, et mon roi ! où que vous alliez , mon prince, je vous suivrai partout , soit à la vie ou à la mort (2). Si les gens de David le suivaient avec tant de cœur jusque dans la disgrâce de son exil et dans la déroute de sa fortune ^pourquoi n'aurons-nous pas la même générosité pour suivre Jésus-Christ dans la gloire de son royaume ? pourquoi ne lui dirons-nous pas: Seigneur, je suis résolu de vous suivre, et de ne vous abandonner jamais (3).