III. CONSIDÉRATION
Enfin auparavant il paraissait insensible aux misères humaines, le joug de la loi était fort pesant, le secours fort faible, la tyrannie du diable insupportable, les plaies de la nature corrompue étaient mortelles, le monde n'était qu'un hôpital plein d'incurables qui languissaient dans l'attente du médecin; mais depuis l'Incarnation il s'est tellement attendri sur ces pauvres malades, qu'il s'est fait non-seulement leur médecin , mais leur remède, n'épargnant pas même son propre
(1) Omninô propter mansuetudinem , quœ in te prœdicatuï' , currimus post te, Domine Jesu, audientes quèd non spernas pauperem, peccatorem non horreas. Non borruisti confitentem latronem , non lacrymantem peccatricera, non Chananœam supplicanlem, non «aeprehensam in adulterio, non sedenlem in Iclonio, noa supplicantem publicanum , non negantem discipulum, non perseculorem discipulorum , non ipsos cruciflxores tuosi In odof« borura currlmui» £. Hem, serttu 22. in cantx
sang pour les guérir. Nous en avons l'obligation à sa bienheureuse mère, qui lui a donné un cœur d'homme , capable de ressentir l'amertume de nos douleurs et de porter sur soi nos infirmités, afin «le nous revêtir de sa force. Jésus-Christ dans le ciel est Dieu , naissant du Père sans mère : Jésus-Christ dans la terre est homme , naissant d'une mère sans père. Dans le ciel , tel est le Fils quel est le Père : dans la terre, tel est le Fils quelle est la mère : dans le ciel il est éternel comme son Père , et immense dans sa grandeur : dans la terre il est pur et débonnaire comme sa mère (1). 11 est sorti de cette heureuse tige, comme une fleur sur laquelle l'esprit du Père se repose , et quitte le sceptre de sa justice pour prendre celui de sa clémence. Malheur sur l'Assyrien qui est la verge de ma fureur, dit le prophète lsaie (2), voilà le sceptre de la justice; mais il ajoute au chapitre suivant : // sortira une tige de la racine de Jessê,et sur cette tige s'éclora une fleur (3) : voilà le sceptre de la clémence. Que ce*tte opposition est belle ! dit Rupert sur ces paroles. Auparavant on montrait le sceptre de la fureur du Seigneur, il paraissait dans sa colère le bâton à la main ; mais maintenant voici le sceptre de la grâce. Voici la tige sur laquelle il prend son repos, qui est Marie , et de cette tige sort une fleur qui lui sert de trône , où la plénitude de la divinité se repose (4). Seigneur, je chanterai vos miséricordes ,
(1) Christus in cœlo ex Pâtre sine Maire Deus : Christus in terra ex Maire sine Pâtre homo : in cœlo qualis Pater, talis Filius : in terra qualis Mater talis Filius : in cœlo cum Pâtre œternus et immensus: in terra cum Matre incorruplus et mansuelus. Hugo, à S. Fict.lib. 1. Miscell.tit. 85.
(2) Vœ Assur virga furoris Domini. Is. 10. 5.
(3) Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. Is. 11. 1.
(4) Quàm pulchra oppositio ! suprà ostendebatur ille spiritualis Assur , virga furoris Domini, et in manu ejus baculus indignationis ejus: Ecceautem virga gratis, virga regni Domini, Ma*
378 L'HOMME DORMSON.
parce qu'étant irrité contre moi, voutaoez apaisé votre colère y et vous m'avez consolé (1). J'espère, mon Dieu, qu'en faveur de Jésus-Christ vous adoucirez votre colère, et que vous détournerez le cours de votre inlignation, car cette belle fleur n'a jamais troublé votre repos : il est trop doux et humble de cœur poar vous fâcher (2).
fia, et in illâ flos in quo habitet, super quem requiescat omnis plenitudo divinitatis»
(1) Confitebor tibi, Domine, quoniam iralus es mini : conversus «5t furortuus et consolatus es me. Isa. 21. 1.
(2) Propter Christum mitigabis , Deus, omnem iram taam,et avertes ab ira indignationis tuae. Nunquàm enim te inquietavit flos iste* Mitis enim est et humilis corde. Rupert, t. 12. de vict. verbi Dei, c. 30.