VI. PRATIQUE
Enfin, reconnaissant d'une part quelle sainteté vous est nécessaire pour être l'image d'un si excellent modèle , et de l'autre, combien votre faiblesse est extrême , ayez recours à la prière , particulièrement en trois temps, à savoir, lorsque vous visitez le très-saint Sacrement, ou que vous participez aux divins mystères , ou que vous êtes en oraison. Souvenez-vous que Jésus- Christ est le cachet du Père éternel , dont il marque tous les prédestinés , et que , si toute la gloire de ce Fils est d'être l'image de .son Père et le caractère de sa substance , tout notre bonheur est d'en recevoir l'impression, et d'er; porteries traits et les linéaments. Figurez-vous qu'il vous invite à le graver bien avant dans votre cœur ; priez-le qu'il le grave lui-même , et qu'il s'imonme orofond«m«ni dans toutes les nuis-
!M t'HOMMB DERAISON.
sances de votre âme (1). Qu'il s'applique à vos yeux, pour sanctifier vos regards; à votre bouche , pour consacrer toutes vos paroles; à votre entendement, pour purifier toutes vos pensées; à votre volonté , pour régler toutes vos affections; à votre corps et à votre âme , pour y imprimer des marques éclatantes de son humilité, de sa pureté, de son innocence et de toutes ses vertus 0 marque glorieuse ! ô empreinte honorable ! ô Seigneur , rendez-moi digne de îa porter dans le temps et dans l'éternité.
ORAISON DU ROI SALOMON POUR INVOQUER LE SECOURS ET LA. PRESENCE DE LA SAGESSE INCARNÉE,
Donnez-moi , Scignci.:* , celle sagesse qui assiste à vos conseils, et ne me rejetez pas du nombre de ceux qui vous servent ; car j'ai l'honneur d'être votre serviteur, et le ftls de votre esclave. Je suis un homme faible et infirme,, ma vie est courte, et mon esprit1, trop petit pour pénétrer dans vos jugements et dans l'intelligence de vos lois. Et d'ailleurs, quelque parfait que puisse être le plus accompli de tous les enfants des hommes, ce n'est rien , c'est moins que rien , si votre sagesse lui manque. Envoyez-la-moi donc j Seigneur , du plus haut des deux et du trône de votre grandeur, afin qu'elle m'assiste et qu'elle travaille avec moi , et que j'apprenne d'elle ce qui vous est agréable. Car, comme elle le connaît parfaitement, elle donnera une si sage conduite à toutes mes œuvres et une si puissante protection à tous mes desseins, que je ne ferai rien dans fout le cours de ma vie, qui ne vous contente (2). Ainsi soit-i!.
(1) înspicc, et fac secundùm exemjdar quod lil>i in monte nionstratùm est. Exod. '20. 40. — Exemplum dedi vo!,is, nt 'picrnadmodnm ego feci, ità et vosfaciatis. Joan. 13. 15.
{'!) Da niihi, Domine, sedium tuarum assisiricem sâpientiiam, et noïi me reprobare à pueris luis, quoniam semis Unis su ni ego, et filins aiicillaj luœ, homo infîrmus, exigui leroporis, et minor
POUa LE TENORÈDÉ ET LE SAMEDI DE LA SEPTIÈME SEMAINE D'APRÈS LA PENTECOTE.
Des biens que nous trouvons dans l'imitation de Jésus- Christ crucifié.
Inspïce , et fac. secundùm exemplar quod tibi in tnon'e moiistralumest.
Elevez les yeux , et travaillez sur le modèle qui vous a été montré sur la montagne. Exod. 20.40.
Il n'y a point de moment dans la vie, qui ne nous apporte quelque grâce du ciel, et qui n'exige de nous un tribut de reconnaissance. Il est bien raisonnable de couronner la source d'où découlent tant de biens que nous recevons continuellement, et de les faire retourner à leur principe par un fidèle renvoi, qui rapporte à Dieu tous les jours, au moins une fois, ce que nous recevons de ses mains à tout moment. Cette source n'estautre que Jésus Christ crucifié , sans lequel nous eussions été absolument privés de toutes les grâces que la miséricorde divine répand sur nous avec abondance. Jésus-Christ, dit saint Bernard, est notre paradis en terre (2). 11 fait couler, pour ceux qui l'imitent, cinq
ad intellectum judicii et leguw.JNam etsi quis eril consu m matas iuier filios hominum , si ah illo abfuerit sapienlia tua , in nitailum computabitur. Mitle illamde cœiis sanctis tuis et à sede paagnitudinis tuae , m mecumsit, et mecum laboret , ut seiam quid acceptai!» slt apud le. Scit enirn ïila omnia , et inielligit, et deduccl me in operihus tneis sobriè, et custodiet me in suà poteniià,ei erunt accepta opéra mea. Sap. 9. 4. et se/]. (1) Païadisus qos 1er Christus Dominus «st. S. Ber/t.
S6 l'homme d'ormson.
fontaines, dont les quatre premières sont pour la vie présente; la dernière , pour la vie future. La première est une source de miséricorde pour effacer nos péchés ; la seconde, de sagesse, pour éclairer nos âmes, et contenter la soif que nous avons de la justice ; la troi sième, de dévotion, pour arroser les plantes des vertus, et rendre nos âmes fertiles en toutes sortes de bonnes œuvres; la quatrième, de charité pour enflammer notre zèle et embraser notre cœur de saintes et fréquentes affections pour Dieu ; la cinquième, de vie, qui nous est réservée dans l'éternité. En signe de quoi notre Seigneur reçut quatre plaies, pendant qu'il était encore en vie; et la cinquième , après sa mort, nous montrant par là que ses plaies étaient la source véritable de tous nos biens, et que, dans la distribution qu'il en a faite, Tordre qu'il garde est celui-là même qu'il a tenu dans l'ouverture de ces fontaines inépuisables de grâce (î).