II. CONSIDÉRATION
Secondement, nous trouvons dans le crucifix une source de sagesse propre à désaltérer ceux qui ont soif de la justice. Heureux celui , dit le Sage, qui converse avec la sagesse , et qui médite la justice. Dieu lui donnera à boire des eaux d'une sagesse salutaire. Il l'appelle salutaire, pour la distinguer de la sagesse du monde et delà chair ; car la sagesse de la chair est mortelle (1), et celle du monde est ennemie de Dieu. Il n'y a que la sagesse céleste qu'on peut appeler salutaire, parce que, comme dit saint Jacques, elle est pudique et pacifique. La sagesse de la chair est pleine d'impureté , la sagesse du monde est pleine de trouble et de tumulte; mais la sagesse céleste est pudique, parce qu'elle ne cherche point ses intérêts, mais ceux de Jésus-Christ; ni ses plaisirs, mais le bon plaisir de Dieu. Elle est pacifique, parce qu'elle n'abonde point en son sens; mais elle acquiesce au jugement d'autrui , et s'accommode doucement à ses sentiments. Or c'est dans les plaies de Jésus-Christ que nous en trouvons la source, parce que , si la vraie sagesse consiste à garder la justice dans nos intentions, la charité dans nos affections, l'humilité dans notre réputation, comme dit saint Bernard , nous apprenons , à la vue de ses souffrances et de sa mort, qu'il ne faut rien entreprendre qui ne soit juste ; rien aimer qui ne soit saint ; rien faire, qui ne tende purement à la gloire de Dieu.
exercitio primo sub finem.— Honm Medicus qui docuit quemadmodùm in hàc terr„ corpori» nostri remédia , quœreremus , cura flos nobis herb~ »alutarib oriretur , qui de peccato damnavit peccatum incarne. Aniidotum ergo facta est caro qiiœerat venenum ante peccati , quia erat illecebra peccatoruna. S. dmbros. in Ps. 37. initio.
(I) Prude utia carnis mors est. Eccli. (4.