‹ L'homme d'oraisonChapitre 158 sur 217 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Enfin , c'est encore une pareille illusion de dire que l'altrition qui naît de la crainte des peines , et qui exclut la volonté de pécher , ne peut servir de disposition pour obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de pénitence. Car c'est se départir du concile de Trente , qui déclare , au contraire , « qu'encore qu'elle » ne puisse pas par elle-même sans le sacrement de pé- » nitence conduire le pécheur jusqu'à la justifica- » tion , elle le dispose néanmoins à obtenir la grâce de » Dieu dans le sacrement de pénitence (2). Sur quoi les théologiens enseignent communément qu'il faut entendre ces paroles, non-seulement d'une disposition éloignée, mais encore d'une disposition prochaine et suffisante avec le sacrement , pour justifier le pécheur. Car si la contrition parfaite, qui naît du pur amour de Dieu par-dessus toutes choses , et sans aucun intérêt ,

cusserit ; et repelendo verbum , comroinalioncm geminaverit , dicturus ego sum : Malc limes P ista non dicam. Plané time : nihi) meliùs limes: nibil est quod magis limere debeas.

(I) Lupus enim venit, et lupus redit : venit fremens , et redit tremens : lupus est tamen , el fremens, et trcmcns. Serm. 19. de verb, Apost. c. 9.

(2; Et quamvis sine sacraraento pœnitcntiae pcr se ad juslilicationem perducere percatorem ncqueal; tamen eum ad Dei gratiam in sacramcnto pwnilcaliae impclrandam disponit. Conc. Trirf. ses t. 14. cap. i.

était une disposition nécessaire pour le sacrement de pénitence , jamais le sacrement qui est institué pour effacer les péchés, n'aurait son principal effet. Car le j Concile enseigne a qu'il arrive quelquefois que lai » contrition parfaite par la charité réconcilie Phomme] » avec Dieu auparavant qu'il ait reçu le sacrement dej » pénitence ; mais qu'il ne faut pas attribuer cette ré-] » conciliation à la contrition seule , indépendamment! » de la volonté de recevoir le sacrement, laquelle y est » renfermée.» Or si la contrition parfaite est une disposi-j lion prochaine à la justification, même sans le sacre* ment , et d'ailleurs une disposition nécessaire au sa«] crement de pénitence , le pécheur pénitent sera tou« jours réconcilié avec Dieu avant que d'avoir reçu la sacrement, pourvu qu'il ait la contrition parfaite: et s'il ne l'a point , le sacrement lui sera inutile. Pour-1 quoi donc le Sauveur du monde l'a-t-il institué pour la réconciliation du pécheur , s'il ne la produit jamais n est-ce pour rendre la pénitence plus facile ? tout au] contraire , c'est y ajouter une nouvelle obligation J qui ne sert qu'à la rendre plus onéreuse. Est-ce pour en augmenter la rigueur ? il n'y a pas d'apparence quel le Sauveur du monde , qui a daigné mourir pour les] pécheurs , ait voulu leur rendre le joug de sa loi plus pesant qu'il n'était auparavant. Il faut donc se tenir à la censure de la faculté de Paris en l'année 1638 ,dont voici les termes : « La faculté a condamné l'opinion de » ceux qui croient que l'attrition est insuffisante , et » que la contrition provenant de la charité parfaite est » d'une absolue nécessité pour recevoir le sacrement » de pénitence , ajoutant et approuvant que l'absolu-i » tion n'est rien autre chose que la déclaration juridi- » que du péché déjà remis (1). »

(1) Quee de atlritionisinsufficientià, etcontritionis ex perfectà charitate absolutâ necessitate ad recipiendum sacramenlum pœnilentiae ; et quœ addit et approbat de absolutione quôd nihil sit aliud quàm decla'ratio juridica peccati jam remissi . damnavit quoque Facilitas et censuit has , etc.

?our le mardi de la cinquième semaine après l'épiphanie.

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