‹ L'homme d'oraisonChapitre 204 sur 217 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

On ne peut douter qu'il n'y ait des lois dans l'étal de la grâce aussi bien que dans l'état de la nature ; et que la sagesse divine, qui les a établies, ne les observe dans la distribution de ses dons. Dieu ne fait rien sans raison. S'il n'y avait point de lois dans sa grâce,

sa conduite ne serait point raisonnable ; et s'il ne les gardait pas, il détruirait son ouvrage, puisque c'est lui-même qui les a faites. Je sais qu'il est au-dessus , et qu'il en peut dispenser quand il lui plaît et qu'il le juge à propos. Il y a des miracles de grâce aussi bien que &?. nature : comme la conversion du bon larron sur la croix , et celle de saint Paul sur le chemin de Damas. Mais les miracles sont rares , et les saints Pères nous avertissent que , pour nous convertir, il ne faut point attendre que Dieu nous donne des grâces extraordinaires, et qu'il interrompe en notre faveur le cours ordinaire de sa providence. Cette espérance serait trop téméraire et trop dangereuse. Si chacun prétendait des privilèges et des dispenses , il n'y aurait plus de lois, ni de bon gouvernement : tout serait eo confusion et en désordre.

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