‹ L'homme d'oraisonChapitre 24 sur 217 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Si vous doutez encore de sa puissance , jugez-en par les effets. Cet incomparable médecin ne montre-t-il pas assez la puissance de son art , en accomplissant ses promesses? Ne détruit-il pas les erreurs pernicieuses dans tout l'univers? Ne dompte-t-il pas les passions et les convoitises , en foulant le monde aux pieds , et brisant tous ses liens (2) ? Voyez l'exemple de Magdeleine. Elle vint aux pieds du Fils de Dieu souillée de vices , et s'en retourna toute nette. Elle y vint malade, et s'en retourna toute saine. Elle y vint en confessant ses crimes , et s'en retourna en professant et publiant le pouvoir de celui qui les lui avait pardonnes (3). Jetez les yeux sur saint Paul , qui était sans doute un grand malade. Que fit ce tout-puissant médecin en la personne de Saul, qui était furieux comme un frénétique (4) PI* renversa un homme barbare, et releva un fidèle ; il renversa un persécuteur, et releva un prédicateur. Ce fameux malade étant tombé, s'endormit; mais s'étant éveillé , il devint tout d'un coup grand médecin. Il commença aussitôt à guérir les autres; et s'étant,

(1) Sanabunturomnes languores tui , noli timere.Magni sunt, inquieSjSed major est medicus. Omnipolenli medico nullus languorinsanabilis occurrit. Tantùm tu curari tevelis.

(2) Nonne probat medicus iste artis suae potentiam promissa complendo ? Nonne per tolum mundum perniciosi evertuntur errorcs et tritura mundi domantur cupiditates ? S. Aug. serin. 60. de verbis Do m.

(3) Accessit ad Dominum immunda, ut rediret munda : accessii œgra, ut rediret sana : accessit confessa , ut rediret professa. S. Aug. I. 50. hom. 23.

(4) Quid fecit medicus in phrenetico Saulo ?

rendu digne disciple de Jésus, il reçut de lui un antidote composé de son précieux sang : il le prit; il le but le premier, et puis il le donna à boire aux autres. Car, comme dit saint Ambroise, on ne le doit refuser à personne : il le faut donner en tout temps et en tout lieu. Jésus guérit les malades en tout lieu : il leur rend la santé partout, en chemin, dans la maison, dans le désert. Cette femme, qui toucha le bord de sa robe , fut guérie en chemin ; la fille du prince de la Synagogue fut ressuscitée dans la maison de son père; et le peuple fut guéri dans le désert (1). 0 merveilleux médicament, qui est salutaire à tous les malades, qui désenfle toutes les tumeurs, qui sèche tous les ulcères, qui guérit toutes les langueurs, qui retranche toutes les superfluités, qui conserve tout ce qui est nécessaire, qui répare tout ce qui dépérit, et qui corrige tout ce qui est dépravé et altéré (2)! 0 divin Sauveur! lorsqu'un de vos frères, qui habite dans la maison de votre Père , vous prie de prendre sa conduite , d'être son roi, et de soutenir l'état pitoyable de son âme, vous ne pouvez pas dire : Je ne suis point médecin : il n'y a point de pain ni d'habits dans ma maison; ne me chargez point de la conduite du peuple (3). Car vous êtes le seul médecin toul-puissant, qui pouvez guérir toutes sortes de maladies, délivrer tous les malades de leurs misères, et pourvoir à tous leurs besoins. Soyez donc notre roi, et ne refusez pas l'empire de tous les

(1) Omnibus locis,omnibusque temporibus non est praetermittcnda medicina. Ubiquè .'esus curât , ubiquè sanat , in itinere , in doino, in deserto. In itinere curatur, quae fimbriam tetigit : in domo principis Synagogae filia resust itatur : in deserto tuibasanalur. S. Ambr. 1. 3. de Hrginibus.

(2) 0 mcdicinam omnibus consulenlem , omnia tumenlia comprimentem, omnia tabescenlia reficientem , omnia auperflua rcsecantem , omma necessana custodientem , omnia perdila reparautcm, omnia depravata corrigeaient !

(8) Non sum medicus, et in domo meà non est panis neque ves* limenlum: nolile constilucre me »»niicipcm populi.

Nouet. Œuv. Xr- 7

cœurs. Un lion servit saint Gérasime jusqu'à la fin de sa vie , parce qu'il l'avait guéri : et même il ne lui put survivre, il se laissa mourir avec lui. Nous serions ilonc plus ingrats que les bêtes sauvages , si tous les moments de notre vie n'étaient consacrés à votre service. Recevez-les, Seigneur, en sacrifice de louange, pour toutes vos miséricordes ; et ne permettez pas que nous perdions jamais le souvenir de vos bienfaits.

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