CHAPITRE XIV
LE CERVEAU, SA FORME, SON VOLUME CHEZ LES VERTÉBRÉS, LES MAMMIFÈRES, LES PRIMATES ET L'HOMME.
La forme allongée est la forme primitive de rencéphale et persiste, sauf chez les Oiseaux et les Mammifères marins. L'encéphale chez les Vertébrés inférieurs n'est, nous Tavons déjà vu, qu'une suite de renflements qui se rapprochent progressivement. C'est seulement chez les Primates qu'ils forment un tout relié et recouvert par les hémisphères. Jusqu'à eux, le cervelet des Mammifères est comme un supplément s'ajoutant à l'arrière des hémisphères.
Chez les Singes le degré de recouvrement de cet organe offre encore des différences. Parmi les Cébiens, il reste un peu visible chez le Mycète, est dépassé légèrement chez le Sajou et d'un cinquième de sa longueur chez le Callithrix. Chez les Pithéciens la gradation est plus marquée. Parmi les Anthropoïdes, l'un, le Gibbon siamang, a une partie de son cervelet en vue. Chez l'Homme, les hémisphères débordent plus ou moins, mais d'une quantité encore mal déterminée, cette détermination ne pouvant bien se faire que sur le cerveau frais et en place.
Chez les Mammifères, la forme des hémisphères c'est-àdire du cerveau par excellence, dépend principalement de la largeur. L'élargissement porte d'abord exclusivement sur la partie en arrière de la scissure de Sylvius, puis gagne la partie en avant et de proche en proche les parties les plus antérieures. De la relation entre les largeurs postérieure, moyenne et antérieure résultent des formes souvent caractéristiques, que nous réduirons à trois types : 1" en triangle plus au moins allongé, en cône tronqué ou en poire aplatie ; 2<> en parallélogramme, à côtés se rapprochant en avant où l'extrémité est coupée droite ; 3" en ovale, plus ou moins plein en avant, mais toujours à grosse extrémité postérieure.
La première se rencontre chez les Marsupiaux, les Insec-
FOftMË DE L'ENCÉPHALE. 209
tivores, les Rongeura 'et qiielqufes Carnassiers comme les Canidés. Chez ceHx-ci,Ifl Renard par exemple, il y a deux resserrements, l'un' Au nivéttu de la scissure de Sylvjus, J'auire au niveau de îa scissure de Rolando. Ils produisent trois. dirigions ou renflements décroissant de volume d'arrière en avant, l'antérieure terminée et coiffée par le lobe olfactif qui la dépasse. Le second se rencontre sur la plupart des Ongulés, mais aussi chez quelques Carnassiers, comme les Félidés par comparaison avec les Canidés; le resserrement
Fks. 63. — Faw supérieure de l'encéphale du Kangourou (Leuret).
0, lobis olfgclifs ;
est un peu avant de la scissure de Sylvius. Le troisième s'observe entre autres chez les Primates; la courbe antérieure de l'ovaleyest d'autant plus pleine qu'on s'élève dans la série; elle est à son maximum chez l'Homme parmi les brachycéphales.
La troisième dimension du cerveau, la hauteur, procède de même, dans les Mammifères; elle augmente d'arrière en avant, mais n'arrive à envahir la partie frontale que chez l'Homme, oii elle donne ainsi lieu au front. La platyencéplialie est la forme habituelle des Mammifères, l'hypsiencéphalie spécialement frontale est la forme humaine.
Poida do r^çéphaie. — Le poids de l'encéphale ou son volume, les différences de densité étant négligées, csl un TopiM&iiD. 14