‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 124 sur 176 · THORAX, STERNUM, BASSIN · texte numérisé non relu

THORAX, STERNUM, BASSIN

bas du sternum. Il est en moyenne de 118 chez THomme, 112 chez TAnthropoïde, 98 chez les Cébiens, 86 chez les Pithéciens, 118 à 88 chez les autres Mammifères à clavicule, 76 chez les Carnassiers à clavicule incomplète et 91 à 56 chez les Mammifères sans clavicule : ce dernier chiffre donné par les Ruminants. L'Echidné en particulier atteint 113 et l'Ornithorynque 127. Le plus élevé des Anthropoïdes mesurés, un Chimpanzé, avait 135, mais le plus élevé des Hommes 192. Toutefois, si les Anthropoïdes sont voisins de l'Homme par l'indice du thorax, ils en diffèrent par sa forme, qui est moins conique.

sternum. — Son indice ou rapport de sa largeur à sa longueur se rattache-t-il à la même cause? Cet os est court, large et plat chez THomme, long, étroit et relativement épais chez les quadrupèdes, Singes compris. Or, par lui le Gorille et TOrang se rapprochent de THomme ; mais le Chimpanzé et le Gibbon se rangent avec les autres Singes.

Bassin. — Tandis que les différences que présente le thorax des bipèdes et des quadrupèdes sont liées aux fonctions que remplissent les membres supérieurs, — exclusivement de préhension chez les premiers et essentiellement de locomotion chez les seconds, ^celles que donne le bassin tiennent à deux causes. D'une pari cette partie du squelette, à tilre de premier segment des membres postérieurs, est directement unie à la colonne vertébrale et transmet aux membres la pression de celle-ci, chez les quadrupèdes comme chez les bipèdes ; avec cette différence que, chez les premiers, elle ne supporte guère que la moitié postérieure du tronc, tandis que chez les seconds elle en supporte la totalité, une partie par la colonne, une autre directement par les viscères. D'autre part, le bassin remplit un rôle important dans la fonction de reproduction; le fœtus s'appuie contre la paroi abdominale pendant la grossesse chez les quadrupèdes et sur le bassin en entier chez les bipèdes et se comporte tout différemment, chez les deux, lors de la parturition. De là des différences considérables dans les deux types pelviens du bipède et du quadrupède :

La première tient au développement général, qui prédomine dans le sens longitudinal chez les quadrupèdes et dans le sens transversal chez les bipèdes. D'une part, en effet, le bassin s'allonge et se rétrécit chez les quadrupèdeS3^

d'autant plus qu'ils sont plus coureurs et plus légers, et d'autre part il se raccourcit et s'élargit chez les bipèdes. Chez les premiers, presque autant que chez les Reptiles, les os iliaques sont presque des os longs ; chez les seconds ce sont, tout au moins par leur partie iliaque proprement dite, des os plats, des sortes de valves à concavité intérieure. De là r indice pelvien général^ qui est le rapport de la largeur totale à la longueur (chez les quadrupèdes), ou hauteur (chez les bipèdes). Use résume ainsi. Chez rHpmme, la largeur excède la longueur. Chez les quadrupèdes la longueur surpasse la largeur. Quant aux Anthropoïdes, deux d'entre eux se rapprochent de l'Homme par ce caractère, deux établissent la transition aux Singes; c'est le seul caractère, tiré du bassin, qui soit favorable aux Anthropoïdes. Nous renvoyons pour les chiffres à la page 176.

Un second caractère en découle. Chez les quadrupèdes, les os iliaques à leur face interne n'ont rien d'analogue à ce qu'on appelle chez l'Homme les fosses iliaques. Tous les Anthropoïdes ont une fosse iliaque interne élendue, les uns Tout plate, d'autres excavée. Chez les uns, lorsque le squelette est dressé verticalement, elle regarde en avant; chez d'autres obliquement en haut et en avant; chez aucun elle ne regarde autant en haut que chez l'Homme. En moyenne par ce caractère leurs os iliaques n'ont ni le type des Singes, ni le type humain, mais un type intermédiaire propre.

Les autres caractères sont nombreux. Tous indiquent la séparation de l'Homme et des Anthropoïdes et la réunion de ceux-ci avec les Singes. C'est un sujet que nous comptons traiter prochainement dans un mémoire spécial; il touche à la question des mesures convenant pour la zoométrie. Un nombre considérable de mensurations ont été prises sur le bassin ; M. Verneau les a portées à 53. Et cependant les plus importantes pour notre sujet y sont négligées. Nous attirons l'attention sur les suivantes :

1* Indice général précédent du bassin;

2<» L'angle 'pelvi-vertébral, c'est-à-dire l'angle que fait la colonne vertébrale avec la dire.cffpf} ^g }'p3 ilégrjsphiatlqHe, avec la ligne vertébrO^fil'yloWÎPnnP 9« ft^Sfi Ig fï^tFOlJ SHp^s

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veilleux exemple de ce que j'ai dit précédemment des mesures zoométriques de classe, d'ordre, de famille, de genre, etc. Il sépare radicalement tous les Reptiles des Mammifères; je n'ai pas encore rencontré d'exception. Chez les Reptiles, îl est toujours aigu et varie de kO à 70 degrés ; chez les Mammifères, il est toujours obtus et varie de 130 à 180.

Cet angle, associé à son analogue à l'omoplate sous le nom de scapulo-pelvien, est encore bien plus frappant. Si l'on prolonge d'une part l'axe de l'os iliaque, de l'autre l'ase de l'omoplate, les deux se rencontrent toujours au-dessus, ou en

FiD. se, — Bassin d'Homme.

arrière, de la colonne vertébrale chez les Mammifères el inversement toujours au-dessous, ou en avant, du tronc chez les Reptiles. 11 n'y a pas de preuve plus convainquante de l'utilité des mensurations appliquées à. la zoologie animale.

3" L'angle du promontoire sacré, c'est-à-dire celui que fait la face antérieure de la première vertèbre sacrée avec la face antérieure de la dernière vertèbre lombaire. Il est sensiblement droit chez l'Homme et sensiblement nul chez les quadrupèdes, les Singes compris. Les Anthropoïdes par là se rapprochent inlinimcnt plus des Sinpes que de l'Homme; ils n'ont qu'un promontoire rudimenlaire.

4" L'angle du pubis, ou angle que fait le corps ou la face antérieure du pubis avec le détroit supérieur, déterminé par trois points : le bord supérieur du pubis et les deux crêtes innominées. Le plan de ce détroit rencontre ainsi en arrière la face antérieure de la première sacrée et non le promontoire comme dans le système des accoucheurs. Cet angle est

sensiblement droit chez l'Homme et plus ou moins obtus chez les autres Mammifères. La face antérieure du pubis se maintient, chez l'Homme comme chez les Mammifères, sensiblement parallèle à la face antérieure du sacrum ou de la partie correspondante du rachis ; les deux faces demeurent ainsi sensiblement perpendiculaires au détroit supérieur dans les diyers degrés d'inclinaison de celui-ci. Par tous ces caractères les Anthropoïdes sont des Singes et s'éloignent de THomme. L'angle du pubis sensiblement droit est un caractère essentiellement humain*.

5®, L'indice du sacrum et Vindice de sa courbure. — Nous ne pouvons insister sur ces mesures. Il suffit de dire qu'elles n'ont de valeur que pour comparer les Primates entre eux. Chez les Singes, le sacrum est étroit, long et peu épais, toutes choses égales; chez l'Homme, il est court, large, épais et en forme de coin pour s'emboîter entre les deux os iliaques. Cette dernière disposition répond au plus haut degré aux nécessités de l'attilude verticale. D'autre part, la courbure de la face antérieure du sacrum, en rapport avec les fonctions de la reproduction et en môme temps avec l'altitude, est essentiellement un caractère humain; chez les Singes cette face est plate et verticale. Par ces deux caractères les Anthropoïdes se rapprochent des Singes infiniment plus que de l'Homme et doivent être classés avec les premiers.

En somme, n'était l'indice général qui réunit à l'Homme deux des Anthropoïdes, i'Orang et le Gorille, peut-être aussi le Chimpanzé, nous dirions que, par le bassin, les Anthropoïdes se séparent complètement de l'Homme et doivent être placés dans la môme division que les Singes.

1. Je fais une réserve pour l'Éléphant et quelques autres gros animaux, lesquels doivent être mis à part, comme nous l'avons déjà dit pour tout ce qui a trait au bassin.

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