‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 136 sur 176 · SYSTÈME MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

SYSTÈME MUSCULAIRE

partie de Tostéologie et de Tarthrologie comparées, et qu'elle constitue un chapitre du parallèle des animaux entre eux et de l'Homme avec les autres Primates, chapitre non moins intéressant que celui que nous venons de terminer.

Toutefois, entre la myologie et l'ostéologie, il y a une différence. Les modifications des os sont nettes, palpables, solides, définies, se prêtant à l'application du compas et de la pesée. Celles des muscles sont vagues, incertaines, ne se découvrent que par une dissection minutieuse qui exige de l'habileté et de la mesure, et sont peu fixées dans leur forme typique. Qu'un muscle soit isolé, ou accolé à une masse voisine, ou même uni à elle, la fonction qu'il remplit n'en subsiste pas moins. Le corps du muscle vient, comme importance, bien après son attache inférieure. Que celle-ci dévie de quelques degrés, le centre de mouvement sera déplacé, une flexion pourra se changer en abduction ou adduction, ou l'action pourra être annulée.

De là, l'impression générale que laisse l'examen des différences musculaires dans les espèces et les familles. D'une part, elles sont faibles, l'unité de composition y étant plus marquée que dans les os. D'autre part, elles ne rendent pas toujours compte des difl^érences que font entrevoir la fonction de la région et les dispositions du squelette. Çà et là, on trouve quelque muscle en plus ou en moins, des parties plus ou moins volumineuses aux dépens d'autres atrophiées, des fibres musculaires se prolongeant plus ou moins sur un tendon, des insertions diflërant un peu; mais souvent le principal échappe.

Les muscles, dit M. Testut dans son très remarquable ouvrage, sur les Anomalies musculaires, — si riche de documents, et qui a obtenu le prix Broca, — sont très variables chez l'Homme aussi bien que chez les Singes et les autres animaux. Les variations individuelles sont considérables et les descriptions des traités d'anatomie classique ne sont à vrai dire que des schéma.

Le système musculaire ne fournit donc pas au parallèle de l'Homme, des Anthropoïdes et des Singes, des caractères aussi sûrs que ceux tirés du système osseux. Il exige, du reste, des connaissances spéciales, et nous ne pouvons ici qu'effleurer le sujet.

Les Singes ont, de plus que l'Homme, au cou : un muscle acromio'trachelien, à la poitrine un troisième pectoral^ à la nuque un cléido-mastoïdien et un scalène intermédiaire^ au

aQC VISCÈRES.

bras un accessoire du long dorsal. A la main il leur manque le long fléchisseur du pouce et le court extenseur du pouce. Au pied ils n'ont pas d'extenseur propre du gros orteil^ mais ont en plus un long extenseur du gros orteil. Tout cela est intéressant, mais n'explique pas par exemple les différences fonctionnelles du pied de THomme et du Singe. L*Homme a deux adducteurs et deux fléchisseurs, il a les mouvements pouvant ramener la face plantaire de Torteil vers Taxe du pied; mais à quoi bon si cet orteil, son métatarse et l'articulation du cunéiforme avec ce dernier, ne sont pas disposés pour y répondre sérieusement? Le triceps sural, dont le soléaire chez les Singes n'a qu'une insertion tibiale et des fibres musculaires atteignant directement le calcanéum, le triceps fémoraly et surtout le grand fessier très réduit chez le Singe, volumineux chez l'Homme, sont, eux, en rapport avec ce qu'exige la station, verticale chez l'Homme, quadrupède chez les Singes.

De. l'ensemble des dispositions musculaires, il résulte cependant que les Singes sont bien des quadrupèdes, mais spécialement appropriés à la vie arboricole et aux mouvements étendus qu'elle exige ; que l'Homme, au contraire, est merveilleusement adapté pour la station verticale sur ses deux pieds, pour l'emploi exclusif des membres inférieurs à la locomotion et pour l'usage exclusif des extrémités supérieures à la préhension ; et qu'entre les deux groupes, les Anthropoïdes rentrent dans le type des Singes, notamment par les muscles des pieds, sauf çà et là quelques dispositions qui attestent un éloignement de l'Homme moindre chez eux que chez les autres Singes. Bref, le système musculaire plaide plus encore que le squelette en faveur de la réunion des Singes et des Anthropoïdes dans un môme groupe.

Yiscères. — Ils sont de quatre ordres : 1° les centres nerveux et les nerfs sensoriels, qui sont en rapport avec la vie de relation et peuvent par conséquent, dans la théorie des adaptations par les besoins, varier avec les excitations extérieures; 2° l'appareil digestif et ses annexes qui sont soumis aux différences d'alimentation ; 3° les appareils pulmonaire et circulatoire qui ont trait, comme le précédent, à la vie végétative et sont moins affectés par les changements de milieu chez les Mammifères terrestres; 4" l'appareil de reproduction qui a un régime à part.

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