NOMBRE DE VERTÈBRES
parler, les uns rentrant directement dans notre sujet, les autres le complétant, sous peine de les laisser lettre morte. D'ailleurs ce ne sont pas toujours les caractères décisifs comme distinclion des animaux qui en apprennent le plus. Tel détail modesle peut donner la clef qui a fait défaut dans la considération des premiers. Ainsi, en craniologie anthropologique, on s'est contenté jusqu'ici de comparer empiriquement l'Homme aux autres Primates; ce n'est pas assez, il faut le comparer avec les autres ordres, il faut s'inspirer de la philosophie morphologique générale du crâne dans le temps. Notre crâne est une dernière étape; il faut connaîlre les précédentes, suivre le frontal, par exemple, de sa première ébauche chez les Poissons osseux, à travers toutes ses mutations, jusqu'à l'Homme où il est devenu le bouclier de la partie la plus noble du plus admirable des organes. H faut prendre le crâne cartilagineux et continu à son point de départ, le voir se diviser en pièces osseuses, celles-ci se modifler, s'associer, s'adapter de cent façons, avant d'aboutir à ce qu'il est chez l'Homme. C'est dire que, dans celte morphologie comparée progressive du crâne, il faudrait incessamment, outre l'anatomie comparée de l'adulte la plus éloignée, faire intervenir l'embryogénie et l'évolution ontogénique après la naissance. L'anthropologie ne saurait non plus rester étrangère aux études paléontologiques, non pas pour déterminer les espèces quaternaires qui datent les fouilles préhistoriques les plus anciennes, mais pour connaître les commencements de la phase de notre planète dont nous sommes les témoins. Pour l'instant, il faut nous limiter.
Les caractères divers secondaires sont nombreux; on en trouve de plus ou moins inléressants dans tous les organes qui mériteraient d'être examinés un à un. Contentons-nous de quelques-uns. La colonne vertébrale est l'axe primordial du corps ; commençons par elle.
Nombre des ▼ertébres. — La colonne s'allonge OU sc raccourcit dans ses diverses parties chez les Mammifères, quelquefois par allongement, atrophie ou même soudure du corps des vertèbres, par exemple au cou; mais le plus souvent par augmentation ou diminution du nombre des vertèbres dans une région ou une autre, dorsale, lombaire, sacrée ou caudale. Compter le nombre de ces pièces est bien simple, mais moins qu'on ne le croit. Très souvent une vertèbre sur