‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 169 sur 176 · DESCENDANCE ET GÉNÉALOGIE DE L'HOMME · texte numérisé non relu

DESCENDANCE ET GÉNÉALOGIE DE L'HOMME

spécifier l'un des trois grands Anthropoïdes, car si Ton entrait dans le détail de ces types, on serait forcé de les rejeter tous. Il s'agit seulement du type général. L'Anthropoïde quelconque qui, à un moment quelconque, se serait changé en homme nous est évidemment inconnu. Pour montrer le cours des choses dans cette hypolhèse, il faut remonter un peu haut.

Tout animal placentaire a eu pour ancêtre un animal sans placenta. Parmi les Marsupiaux actuels, quelques-uns attirent notre attention par des ressemblances avec les Primates, soit par le rôle de mains que remplissent les extrémités postérieures, soit par les proportions générales en rapport avec une vie arboricole.

Comment, de ce point de départ, le passage s'est-il effectué aux Lémuriens, déjà caractérisés comme quadrumanes et arboricoles? Aucune des espèces actuelles ne nous l'apprend, et nous devons attendre de nouvelles découvertes de Lémuriens fossiles remontant à l'époque éocène ; leur nombre commence à se multiplier en Amérique.

Des Lémuriens aux Singes le passage est non moins difficile à suivre; M. Yogt le constate, tout en laissant aux premiers la dénomination de Prosimiens. Établir les relations de parenté des Singes entre eux est encore une opération délicate. Un certain Mesopithecus^ de l'époque miocène grecque, aurait donné sans doute naissance au Macaque et au Scmnopithèque par dédoublement. D'une manière générale, on y voit plus clair en passant aux Anthropoïdes, qui sont une étape de différenciation simple à certains points de vue, de perfectionnement dans le sens même des Singes à un autre point de vue, et d'évolution progressive directe en ce qui regarde le cerveau. Suivant Gratiolet, l'Orang et le Gibbon seraient la continuation du groupe des Semnopithèques, le Chimpanzé la suite des Macaques et des Magots, le Gorille la suite des Cynocéphales.

Les Anthropoïdes ne sont que des Singes perfectionnés, habitant comme eux les arbres, ayant déjà, non seulement la main, mais le bras et l'épaule de l'Homme, et se redressant plus volontiers que les autres Singes. Qu'ils s'habituent davantage à descendre à terre, qu'ils posent leurs pieds à plat, ils réussiront à se rendre plus verticaux: l'adaptation entrera enjeu, l'articulation tibio-tarsienne se serrera, l'astragale redeviendra cuboïde, l'orteil s'hypertrophiera, se placera parallèlement aux autres orteils, la voûte

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