‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 18 sur 176 · PSYCHOLOGIE · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE

Au lieu de ces caractères dits ethniques, nous aurions pu prendre les caractères psychiques; les mêmes problèmes se posent. Tel caractère intellectuel ou moral est-il naturel ou accidentel, Teffct de la race ou des institutions, de Téducation ? Personne ne contestera que l'égoïsmc ou Taltruisme, la religiosité ou la libre pensée ne puissent dépendre des circonstances plus encore que des attributs de la substance cérébrale.

Autrement dit, les caractères d'ordre psychique et social ne s'offrent pas à Tanthropologiste dans les mômes conditions que les caractères physiques et physiologiques ordinaires. Il faut d'abord les extraire de leur gangue, les séparer de tout ce qui les masque ou les complique. Leur étude comprend ainsi trois phases ou trois états : une première, sociale, concrète, dans laquelle on les prend brutalement tels qu'on les trouve dans les collectivités humaines; une seconde, abstraite, méritant le terme de psychologique pardessus tout, dans laquelle on les isole, les analyse, les classe; une troisième, dans laquelle on leur rend leur forme concrète et les rapporte soit au phénomène du progrès ou aux circonstances, soit à telle ou telle race entrant dans la composition des collectivités précédentes, ou môme au genre humain tout entier, pour aboutir à leur comparaison avec les mêmes caractères chez les animaux s'ils s'y retrouvent. Nous reviendrons sur le premier étal, et nous avons donné des exemples de leurs applications dans le troisième.

Reste à savoir si le deuxième ne doit pas être mis à part à titre de branche spéciale de Tanthropologic sous le nom de psychologie.

Psychologie. — C'était l'opinion, en 1888 et 1889, que je professais à mes leçons de l'École d'anthropologie et à mes conférences de l'Exposition. J'étais alors frappé des tendances spéculatives qui se faisaient jour autour de moi et qui, sous le couvert de l'anthropologie, menaçaient de déborder sur les parties de cette science rentrant plus directement dans riiisloirc naturelle de l'Homme, pour y devenir une véritable section de philosophie différant peu par ses méthodes des autres philosophies, quoique affichant des prétentions contraires. Le remède était d'abandonner la psychologie à elle-même et d'en faire la seconde branche de la science de THomme, celle qui répond à l'aspect moral. Le

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