‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 20 sur 176 · CARACTÈRES ETHNIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ETHNIQUES

instinctive prédominante chez Tanimal, cette caractéristique n'a jamais été Tobjet d'un doute de la part d'aucun naturaliste, d'Aristote à Linné, de Linné à M. de Qualrefages. Admettrait-on que les animaux possèdent en germe toutes les facultés humaines : leur différence si prodigieuse de quantité suffit ! Quelle que soit la qualification que Ton ajoute à Tespèce homo : sapiens y indmtriosus ou religiosus, il est certain que là est son essence, le trait par lequel il s'élève si haut au-dessus des animaux, et qu'on ne saurait s'étonner qu'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et après lui M. de Quatrefages, quoique admettant tous deux la nature franchement animale de l'Homme, aient fait de lui l'objet d'un règne spécial, le règne humain.

J'ai donc renoncé à ma façon de voir transitoire et suis revenu à celle que j'ai exposée à la fois en 1876, dès la première édition de mon Anthropologie et en 1886 dans mes Éléments (T anthropologie générale. Toute la psychologie revient directement à l'anthropologie. Les caractères d'ordre psychologique, réduits à leur plus simple expression, à attribuer soit aux races, soit au type général humain, rentrent dans le chapitre des caractères physiologiques ordinaires ; la partie anatomique correspondante reprend sa place à côté des autres caractères physiques; la partie théorique et explicative des opérations intellectuelles, des sentiments et des volitions, rentre dans le chapitre de la physiologie spéciale de l'Homme et des applications des données de la physiologie générale.

Il ne nous reste plus ainsi à parler que des caractères d'un ordre complexe, quelques-uns conduisant à des caractères physiologiques, le plus grand nombre d'une nature spéciale, tirés de l'étude des agglomérations humaines, telles que le hasard des événements les a produites dans le présent et dans le passé. Ils portent le nom de sociaux lorsqu'on les regarde comme l'expression de la faculté primitive de l'Homme appelée sociabilité, qui les ^ engendrés en face de circonstances variant à l'infini. On les appelle ethniques lorsqu'on en considère les effets complexes. S'il est une spécialité qui s'impose dans la science de l'Homme et qui doive être absolument séparée de la partie concernant l'animal, c'est assurément celle-là : on en a formé l'ethnographie et la sociologie. Son terrain, le genre de connaissances ou d'aptitudes qu'elle demande, ses méthodes sont toutes différentes; à chaque instant, elle conduit à des

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