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On comprend qu'avec le système des proportions pour cent il faille toujours dire les nombres de cas sur lesquels porte le calcul. Celte courte liste suscite bien des réflexions, mais il faut nous arrêter. Le propre de la méthode de la sérialion, quel qu'en soit le module, est d'êlre très suggestive. Nous renvoyons pour plus de détails à nos Eléments dlAnthropologie générale et nous nous contentons de conclure qu'après tout la méthode des moyennes est plus féconde en conclusions solides.
Suit un exemple (iig. 30) de courbe obtenue avec l'une des séries précédentes, l'une des deux plus fortes. Elle n'en montre pas plus que les chiffres. Le trait plein est la courbe brute, le trait pointillé est celle de probabilité que M. Goldslein a calculée et établie avec elle.
Le complément de l'étude de l'indice céphalique sur le crâne est celle de Vindice céphalométrique sur le vivant. Les mêmes questions, les mêmes méthodes des moyennes et des sériations s'y présentent. C'est, par excellence, l'indice par lequel on arrive à établir les cartes de répartition de la forme de la tête dans tous les pays; les vivants sont en nombre indéQni et toujours à la disposition de l'opérateur. Toutefois l'indice céphaloméirique n'a pas la précision de l'indice céphalique : l'épaisseur des chairs, le plus ou moins de pression exercée, la présence des cheveux affaiblissent sa valeur ; plus encore que sur le crâne, il exige de grands nombres. Nous avons dit qu'il n'y a pas de rapport constant entre les deux et que, par conséquent, les deux ne doivent pas être convertis. On les étudie à part, on en compare les résultats séparément et l'on aboutit à des conclusions distinctes, qu'on rapproche et qui se confirment ou s'infirment. La science est riche en indices céphalométriques, nous regrettons vivement de ne pouvoir insister sur le sujet. Lorsque, sans citer de chiffres, on fait l'histoire de la forme de la tête à la surface de la terre ou dans un pays spécial, on fait intervenir à égal titre les deux sortes d'indices, celui du vivant et celui du crâne.
Ici se termine l'œuvre de la craniométrie et de la céphalométrie pour ce caractère et commence celle de la physiologie, les deux précédant la synthèse.
On se demande si dans la nuit des temps, l'une des formes s'opposant le plus a précédé l'autre. La réponse est celle-ci. En Europe les dolichocéphales ont apparu les premiers. Il y aurait à en dire autant dans toutes les parties du monde
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si dans ces derniers temps il n'avait été établi que le type bracliycéptiale nègre d'Océanie, appelé Négrito, et le type brachycéphale nègre d'Afrique, essentiellement caractérisé par les Akkas, ont toutes la physionomie de types très anciens.
On se demande si dans les progrès de la civilisation, le travail intellectuel peut par une accumulation d'hérédité élever l'indice céphalique et acheminer les dolichocéphales vers la brachycéphalie. La physiologie et le raisonnement
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FiQ, 30. — Courbe A
tl M «6 88 90 » 9« H l'indice céphniique de 1000 Parisiens.
montrent que rien n'est plus facile que de concevoir cette transformation, mais aucun fait ne donne une sanction à cette hypothèse. Dans l'Europe centrale, l'indice céphalique est partout plus élevé dans les populations actuelles que dans les populations anciennes. On n'y rencontre pas de moyennes répondant à celles des troglodytes les plus typiques de la Lozère, des dolmens d'Angleterre ou des Reihengraber du Bhin. Mais cela s'explique par une invasion abondante ou une succession d'invasions en Europe aux temps préhistoriques par des brachycéphales n'ensevelissant pas leurs morts ou ayant la coutume de la crémation; par la prédominance à, cette époque de ces brachycéphales devenus sédentaires et élant arrivés à constituer la masse
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même du peuple, celte couche profonde et pauvre, dont l'histoire ne parle pas; et enfin par un retour aujourd'hui à ce type en vertu de la loi des nombres, par la diminution et l'absorption des dolichocéphales, plus mouvementés, généralement les conquérants. En Amérique la suprématie des brachycéphales s'explique de même par les migrations.
On se demande aussi si une déformation artificielle longtemps continuée de génération en génération, ou une habitude nouvelle de développement du crâne spontanément contractée et se répétant, ne pourrait engendrer une sorte de scaphocéphalie physiologique, comme celle de certains Esquimaux, et aboutir à une forme dolichocéphale. La physiologie répond qne cela est possible, que les sutures du crâne s'y prêteraient ; mais aucun fait ne vient à l'appui de cette hypothèse. Les déformations du crdne, de quelque nature qu'elles soient, et ses vices de développement sont individuels et ne se transmettent pas.
Les types brachycéphale et dolichocéphale semblent immuables en dehors de leurs variations naturelles individuelles. On pourrait soutenir que les brachycéphales d'Europe et d'Amérique sont tous originaires de l'Asie septentrionale, ou centrale. Mais les brachycéphales nègres restent en dehors de l'hypothèse. La forme de la tôle donnée par l'indice céphalique résiste, en somme, à toutes nos tentatives d'explication, elle résiste à tout ce qui pourrait diminuer sa valeur comme caractère de premier ordre dans la distinction des types de races.
Ceci admis, l'anthropologie n'a plus qu'à faire usage des documents qu'elle fournit, à chercher les caractères anthropométriques et descriptifs avec lesquels ses diverses formes s'associent non seulement dans les populations actuelles ou passées, mais dans les types idéaux de races entrant dans la coniposition de celles-ci. Ce qu'il faut retenir c'est que les formes dolicho, brachy et mésati serenconlrentdans chacun des trois embranchements dits races blanches, races jaunes et races noires et que, la première consécration de cette division ternaire étant faite par l'indice nasal du vivant, elles fournissent les divisions les plus pratiques venant après, dans une classification systématique des types humains.