POSITION DE LA QUESTION
Portion de la qBMtion. — Quelles divisîons, en somme,
faut-il établir dans l'ordre des Primates? quelle est la place
des Anthropoïdes par rapport aux autres Singeset celle de
l'Homme par rapport aux Anthropoïdes '
Trois systèmes sont en présence pour 1 Homme: r Le séparer complètement des autres Primates comme ont fait Blumenbach, Cuvier, la plupart des classiques français qui lui ont succédé, et, parmi les contemporains étrangers, M. Huxley depuis 1871; — 2" Le laisser au sein des Primates,
FiG. 33. — Crftne de Gorille adulte de profil.
à cdté des Anthropoïdes, et constituant avec eux une même famille d'une valeur égale à peu près à celle des familles venant après, à l'exemple de Linnée, de Bory de Saint-Vincent, de Lesson et de Broca en 1878-80; 3" Laisser l'Homme parmi les Primates encore, mais y formant une famille spéciale plus ou moins de même valeur que celles venant ensuite, comme le veulent Charles Bonaparte, Dugès, Godman, Isidore-Geoiïroy Saint-Hilaire (quoique acceptant le règne humain), Huxley en 1868 et Broca en 1870-76.
En 1868 se produisit à la Socilé d'anthropologie un briUant débat sur cette question. Daily venait de traduire le livre de M. Huxley sur la place de l'homme dans la nature : exagérant certaines considérations de l'illustre naturaliste anglais, il soutint que les Singes Anthropoïdes diffèrent de l'Homme moins qu'ils ne diffèrent des Singes venant après eux et moins que ceux-ci ne diffèrent entre eux.
M. Broca accepta la thèse et se résuma comme il suif : « Les cinq familles qui composent Tordre des Primates sont inégalement espacées. La cinquième, les Lémuriens, est plus éloiûnée de la quatrième, les Cébiens, que ne le sont entre elles dans leur progression les trois autres familles. Des Cébiens à la troisième, les Pilhéciens, la distance, quoique moindre, est encore considérable, tandis que de ces Pithéciens à la seconde, les Anthropoïdes, et de ces Anthropoïdes à la première, l'Homme, les transitions sont beaucoup moins brusques. »
ciasMincation des Primaten. — Yoici Ics principales classifications admises des groupes en litige. Le lecteur devra s'y reporter fréquemment. La première, la plus ancienne en date, sous son nom très orthodoxe n'en est pas la moins radicale.
LiNNÉE. — Ordre des Primates,
Férus (sauvage).
Anriericanus.
. Espèce. Sapiens. ] f l^ropaeus.
i ' ] Asialicus.
1" genre, Homo. | f Asser (nègre).
I \ Monstruosus (anormal).
( Espèce. Sylvestris ou troglodytes : Orang, etc. 2* genre. Simia (Singes).
3' genre. Lemurs.
k* genre. Vespertillo (Chauve-souris).
On a dit qu'au-dessous de Tordre, Linnée n'atiribuait pas aux dénominations de genre, espèce, la même valeur que de nos jours. Peu importe ! la relation des diverses individualités y est très netle, Vhomo troglodytes s'oppose à Vhonio sapiens dans un même groupe. Du reste Linnée déclarait formellement qu'après avoir beaucoup cherché, il n'avait pas trouvé de caractère zoologique les distinguant.
La seconde classification doit être connue, elle s'enseigne encore dans les lycées. C'est celle de Cuvier.