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SON MÉCANISME

en bas ; le lambda passa de la face supérieure à la face postérieure; l’inion descendit de l’angle postéro-supérieur à l’angle postéro-inférieur; le trou occipital, de vertical à la face postérieure devint oblique, puis horizontal à la face inférieure; l’apophyse basilaire, d’horizontale ou à peine oblique à la face inférieure, devint oblique en haut et en avant vers l'intérieur du crâne (fi g. 71 à 75).

Au frontal, étant compris qu’au fur et à mesure qu’il s’abaisse son écaille s’allonge en arrière, les effets sont semblables : la face supérieure devient antérieure, puis inférieure; les sinus, de supérieurs et même postérieurs, deviennent anléuriers; le plan d’entrée de la fosse olfactive, de vertical, devient de plus en plus oblique, puis horizontal; la face elle-même, attachée au frontal, décrit un arc de cercle, s’abaisse et vient se placer perpendiculairement aux fosses ethmoïdales dont elle est inséparable.

Mais, avant cette phase, une autre l’avait précédée. L’accroissement de l’amorce frontale des hémisphères dont nous avons parlé s’est fait progressivement d’arrière en avant. Le premier effet de l’élargissement a été d’écarter les apophyses orbitaires postérieures, deles repousser en dehors et en avant et, graduellement, de les rendre tout à fait externes en obligeant les orbites, qui regardaient en dehors chez les Mammifères, à regarder en avant chez les Primates (fig. 77), L’accroissement en avant se continuant, l’évolution a commencé le mouvement de bascule du frontal, associé bientôt à l’accroissement en hauteur qui a produit le front et à un accroissement en longueur qui a produit l’échancrure de la racine du nez et le surplomb sur la face.

A ce moment s’est complété le mouvement qui engendre l’angle obtus en bas de l’axe cranio-facial. Le relèvement de l’apophyse basilaire dans le renversement de l’occipital a donné son premier coude au niveau de la suture basilaire,

Fig. 76. — Schéma de la base du crâne.

F, frontal avec ses deux fosses ethmoïdales; A, corps du présphénoïde avec ses deux ailes; B, corps du sphénoïde postérieur avec ses deux ailes; C, corps de l’occipilal ou apophyse basilaire;

O, écaille de l’occipital ; T, temporal ;

P, pariétal.

TRANSFORMATION DU CRANE

le mouvemenl de bascule du frontal s’est communiqué au basi-présphénoïde qui a cédé dans sa suture sphénoïdale (à l’éphippium) et constitué le second coude (üg. 75).

La transformation du crâne animal en crâne humain se réduit, en somme, à ceci : d’une part, le cerveau s’accroît et dilate les diverses parties du crâne dans un certain ordre successif. De l’autre, les sutures cèdent et les os basculent, grandissent en même temps et s’adaptent à chaque position nouvelle. Le mécanisme en est complexe à exposer, mais

Fig. 77. — Schéma de l’amorce cérébrale chez les Mammifères à orbites regardant en dehors, grandissant et forçant les orbites à regarder de face chez les Primates.

simple dans ses traits fondamentaux. Je crois être le premier à l’avoir développé dans mes cours de 1887-1889.

On pourrait me demander quelles sont, parmi les formes actuelles des Mammifères, puis des Singes, celles qui représentent le mieux les phases de celle transformation,

Je laisse de côté les Ongulés, dont le type cérébral est avancé et a évolué très sensiblement depuis son point de départ indiqué. Je comprendrais mieux, comme première étape, quelque Insectivore, Rongeur ou Marsupial; mais le type cérébral carnassier réalise tout à fait ce que devaient être les dispositions crâniennes avant d’entrer dans la voie des Primates. Ainsi, les Canidés, avec leur double amorce frontale, l’une présylvienne, l’autre frontale proprement dite, ont un type simple auquel on donnerait volontiers l’épithète de primitif. Quant à la seconde étape, il n’y a pas de doute: ce sont, soit certains Singes Cébiens ou Pithéciens, soit les Anthropoïdes, non pas les adultes, mais les jeunes, mieux préparés pour engendrer le type crânien de l’Homme.

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