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ATTITUDE DES ANTHROPOÏDES

Attitude des Anthropoïdes. — Les Anthropoïdes, comme les

Fie. 83. — Squelette d’un Gorille adulte (arbitrairement redressé afin do permettre la comparaison.)

Singes, ont la démarche des quadrupèdes; mais ils possèdent

252 STATION BIPÈDE OU QUADRUPÈDE

en même temps la faculté de s’accrocher aux arbres avec leur quatre extrémités plus ou moins adaptées au genre de préhension que demande ce mode d’existence. En effet, l’habitat des Anthropoïdes comme celui des autres Singes, est dans les arbres; ils y séjournent complètement et n’en descendant que par occasion. Les uns et les autres redressent parfois leur colonne vertébrale, surtout les Anthropoïdes. Les uns et les autres posent leurs mains et leurs pieds à plat — en recourbant d’une part leur pouce, de l’autre leurs quatre autres doigts rapprochés, — et s’en servent à la façon d’un crampon pour empoigner les troncs d’arbre. Toutefois les Anthropoïdes ont à terre quelque chose de spécial qui les distingue des Singes. Ils replient le plus ordinairement les doigts de leurs mains et les font porter sur le sol, tandis que leur pied pose par son bord externe, les phalanges fléchies. De plus, ne se sentant pas en équilibre lorsqu’ils se redressent sur le sol, ils se servent de leurs bras comme de balancier ou les croisent en arrière et au-dessus de leur tête pour se donner de l’aplomb. Voici les détails donnés sur chacun par les voyageurs.

Le Gorille sur la terre va à quatre pattes, le tronc oblique, les membres postérieurs pliés, les membres antérieurs tendus en avant, les doigts posant sur la face dorsale des secondes phalanges. Lorsqu’il se redresse, par exemple pour faire face à l’ennemi et se précipiter sur lui, il ne peut conserver cette attitude qu’un moment. L’Orang, animal lourd et indolent, ne se plaisant qu’accroupi ou suspendu dans les arbres, est rarement vu à terre ; alors il va lentement, avec précaution, se dandinant à droite à gauche, les bras écartés et en arc pour atteindre le sol, les jambes pliées, les pieds maladroitement appuyés sur leur bord externe, les orteils fléchis et les mains touchant le sol par le dos des phalanges. Le Chimpanzé a les mêmes allures : le bord externe, de son pied s’appuie sur le sol, il marche plus ramassé que le Gorille et, moins encore que lui, dit Hartmann, il est capable de rester longtemps debout. Le Gibbon est le plus arboricole et le plus agile de tous les Anthropoïdes. A terre, il marche davantage comme les Singes, c’est-à-dire en posant la paume de la main ou la plante des pieds, mais il s’y sent encore moins d’aplomb qu eux : surpris, il renonce à la course et se laisse prendre sans résistance.

Cependant c’est à celte démarche accidentelle, difficile et

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