CONDITIONS D’ÉQUILIBRE
saugrenue, à cet équilibre mal assuré, à ces extrémités si réfractaires à la station debout, que l’on a donné le nom d’attitude demi-verticale des Anthropoïdes ou d’attitude oblique, parce que le tronc en effet y prend cette position. Nous verrons les adaptations anatomiques qui y répondent. A en juger par la description, évidemment les Anthropoïdes ne sont pas faits pour se tenir debout, du moins à terre.
Conditions d'cquiiiiirc. — Dans la station verticale ou bipède, pour que le corps soit en équilibre avec le minimum de fatigue, c’est-à-dire sans intervention musculaire active considérable, les deux parties antérieure et postérieure de la tête se font presque équilibre sur la colonne vertébrale; le poids des organes thoraciques et abdominaux qui tend à faire basculer le tronc en avant est ramené en arrière par une série d’inflexions du rachis; l'axe vertical moyen coupe le corps des quatre premières verlèbres cervicales et des quatre premières vertèbres lombaires (Giraud Teulon), aboutit au diamètre bi-cotyloïdien et tombe définitivement entre les deux pieds dans la stalion au repos, ou alternativement sur l’un ou l’autre pied pendant la marche.
Dans la station horizontale ou quadrupède, l’équilibre est plus difficile pour la tête et plus facile pour le corps. La tête, suspendue à la colonne vertébrale par sa face postérieure, tombe en avant. Elle n’est tenue redressée que par les muscles extenseurs de la nuque et par un très fort ligament qui part de l’inion, passe aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales et rattache ainsi la tête et le cou directement au train antérieur, — lequel supporte la plus grande partie du poids du corps dans la station au repos — et indirectement au train postérieur qui en supporte le reste. Il y a donc chez les quadrupèdes deux axes de gravité entre lesquels se partage le fardeau général dans la marche et la course.
De là, des dispositions anatomiques très différentes, les unes chez l’Homme, les autres chez les Mammifères, que nous allons examiner à la tête, au tronc et aux membres.
Tôte. — Nous avons vu que dans les passages successifs des Mammifères ordinaires aux Primates, et de ceux-ci au plus élevé d’entre eux, l’Homme, le trou occipital, de vertical à la face postérieure, devient oblique à la face inférieure du crâne, puis horizontal. Lorsque le mouvement s’arrête chez
STATION BIPÈDE OU QUADRUPÈDE
1 Homme, le basion répond au bord antérieur des vertèbres cervicales et n est qu à quelques millimètres en arrière du centre de la base du crâne. Ce centre répond donc, à peu de chose près, à celui du corps des premières vertèbres. Le trou occipital i este tout entier dans l’aire du crâne postérieur quoique son plan se relève en avant un peu en moyenne* ainsi que le montre l’angle orbito-occipital. Au-dessous de lui, et attachés à ses trois cinquièmes antérieurs, sont les
Fig. 84. — Situation du trou occipital à la base du crâne chez le Gorille.
condyles occipitaux, les véritables points de sustentation et d’articulation de la tête avec la colonne vertébrale. Le plan horizontal naturel de la base du crâne chez l’Homme est donc le plan tangent aux deux condyles de l’occipital. Son troisième point déterminant est le point alvéolaire. Le poids de la mâchoire inférieure, lorsqu’on l’ajoute, seul rompt l’équilibre au détriment de la partie antérieure. D’où la nécessité, môme chez l’Homme, d’un ligament cervical postérieur et de muscles redresseurs de la tête. Quoi qu’il en soit, l’axe vertical des premières vertèbres cervicales passe