THORAX, STERNUM, BASSIN
bas du sternum. Il est en moyenne de 118 chez l’Homme, 112 chez l’Anthropoïde, 98 chez les Cébiens, 86 chez les Pithéciens, 118 à 88 chez les autres Mammifères à clavicule, 76 chez les Carnassiers à clavicule incomplète et 91 à 56 chez les Mammifères sans clavicule: ce dernier chiffre donné parles Ruminants. L’Echidné en particulier atteint 113 et l’Ornithorynque 127. Le plus élevé des Anthropoïdes mesurés, un Chimpanzé, avait 135, mais le plus élevé des Hommes 192. Toutefois, si les Anthropoïdes sont voisins de l’Homme par l’indice du thorax, ils en diffèrent par sa forme, qui est moins conique.
sternum. — Son indice ou rapport de sa largeur à sa longueur se rattache-t-il à la même cause? Cet os est court, large et plat chez l’Homme, long, étroit et relativement épais chez les quadrupèdes, Singes compris. Or, par lui le Gorille et l’Orang se rapprochent de l’Homme ; mais le Chimpanzé et le Gibbon se rangent avec les autres Singes.
Bassin. — Tandis que les différences que présente le thorax des bipèdes et des quadrupèdes sont liées aux fonctions que remplissent les membres supérieurs, — exclusivement de préhension chez les premiers et essentiellement de locomotion chez les seconds, — celles que donne le bassin tiennent à deux causes. D’une part cette partie du squelette, à titre de premier segment des membres postérieurs, est directement unie à la colonne vertébrale et transmet aux membres la pression de celle-ci, chez les quadrupèdes comme chez les bipèdes ; avec cette différence que, chez les premiers, elle ne supporte guère que la moitié postérieure du tronc, tandis que chez les seconds elle en supporte la totalité, une partie par la colonne, une autre directement par les viscères. D’autre part, le bassin remplit un rôle important dans la fonction de reproduction; le fœtus s’appuie contre la paroi abdominale pendant la grossesse chez les quadrupèdes et sur le bassin en entier chez les bipèdes et se comporte tout différemment, chez les deux, lors de la parturition. De là des différences considérables dans les deux types pelviens du bipède et du quadrupède :
La première tient au développement général, qui prédomine dans le sens longitudinal chez les quadrupèdes et dans le sens transversal chez les bipèdes. D’une part, en effet, le bassin s’allonge et se rétrécit chez les quadrupèdes,
STATION BIPÈDE OU QUADRUPÈDE
d’autant plus qu’ils sont plus coureurs et plus légers, et d’autre part il se raccourcit et s’élargit chez les bipèdes. Chez les premiers, presque autant que chez les Reptiles, les os iliaques sont presque des os longs; chez les seconds ce sont, tout au moins parleur partie iliaque proprement dite, des os plats, des sortes de valves à concavité intérieure. De là l’ indice pelvien général , qui est le rapport de la largeur totale à la longueur (chez les quadrupèdes), ou hauteur (chez les bipèdes). Il se résume ainsi. Chez l’Homme, la largeur excède la longueur. Chez les quadrupèdes la longueur surpasse la largeur. Quant aux Anthropoïdes, deux cl’entre eux se rapprochent de l’Homme par ce caractère, deux établissent la transition aux Singes; c’est le seul caractère, tiré du bassin, qui soit favorable aux Anthropoïdes. Nous renvoyons pour les chiffres à la page 176.
Un second caractère en découle. Chez les quadrupèdes, les os iliaques à leur face interne n’ont rien d’analogue à ce qu’on appelle chez l’Homme les fosses iliaques. Tous les Anthropoïdes ont une fosse iliaque interne étendue, les uns l’ont plate, d’autres excavée. Chez les uns, lorsque le squelette est dressé verticalement, elle regarde en avant; chez d’autres obliquement en haut et en avant; chez aucun elle ne regarde autant en haut que chez l’Homme. En moyenne par ce caractère leurs os iliaques n’ont ni le type des Singes, ni le type humain, mais un type intermédiaire propre.
Les autres caractères sont nombreux. Tous indiquent la séparation de l’Homme et des Anthropoïdes et la réunion de ceux-ci avec les Singes. C’est un sujet que nous comptons traiter prochainement dans un mémoire spécial ; il louche à la question des mesures convenant pour la zoomét rie. Un nombre considérable de mensurations ont été prises sur le bassin ; M. Vcrneau les a portées à 53. Et cependant les plus importantes pour notre sujet y sont négligées. Nous attirons Tattention sur les suivantes:
lu Indice général précèdent du bassin;
2° L’angle 'pelvi-verlébral, c’est-à-dire l’angle que fait la colonne vertébrale avec la direction de l’os iléo-ischiatique, avec la ligne vertébro-cotyloïdienne ou avec le détroit supérieur. D’une manière générale, ces trois variétés d’un môme angle sont obtus, mais plus chez l’Homme, moins chez les animaux; les Anthropoïdes se rapprochant tantôt de l’Homme, tantôt des Singes, suivant les individus. Cel angle csl un mer-