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PARALLÈLE DES MEMBRES

en dehors, avant de venir se fixer plus ou moins en pronation pour la marche. La supination, ou tout au moins la demisupination, est l’attitude naturelle du bipède et du membre adapté à la préhension, comme la pronation complète est l’attitude naturelle du quadrupède et du membre adapté à la marche.

Les quatre membres, à l’origine, devaient être calqués sur le même modèle. Leur fonctionnement spécial les a différenciés, les antérieurs servant à la fois à la marche et à porter les aliments à la bouche, les postérieurs ne servant qu’à la marche. La marche, réduite à elle-même, suffisait déjà à leur donner leurs caractères propres. Voyez, par exemple, l’Axolott, qui est la première phase des Batraciens urodèles. Traînant presque son ventre à terre, il allonge d’abord, et autant que possible, son membre antérieur, de telle sorte que Taxe de sa main est en ligne droite avec celui de Tavant-bras,l puis s’accroche par ses doigts aux aspérités du sol et s’attire en avant, le coude se fléchissant à mesure et regardant forcément en arrière et un peu en dehors : c’est déjà une main. En arrière, il commence par ramasser son membre postérieur, fléchit fortement son genou qui regarde en avant, fléchit fortement aussi son pied appliqué contre le sol, puis pousse de toutes ses forces en arrière pour faire avancer le corps : c’est un pied.

De part et d’autre en découlent toutes les différences entre les deux paires de membres qui se fixeront, s’accentueront plus tard et se maintiendront chez les Mammifères, en dépit de toutes les adaptations spéciales qui viendront troubler les acquisitions primitives.

L’un des caractères initiaux les plus remarquables est la différence de direction que présentent, d’une part l’avantbras avec la main, de l’autre la jambe avec le pied.

En avant l’effort se produit au moment où les deux segments terminaux sont en ligne droite: il tend à appuyer davantage la paume sur le sol; l’extension de la main, qui se fait progressivement à mesure que le corps est attiré, est passive. Plus tard la continuité des deux axes se maintient, la flexion de la main au niveau du poignet reste le mouvement naturel, l’extension de la main n’est qu’un accessoire.

En arrière l’effort se produit, au contraire, lorsque le pied est fléchi, et porte sur 1 extension du pied qui appuie vigoureusement. Comme conséquence, le muscle extenseur, dont la masse est à la jambe, hypertrophie son attache

STATION ET PRÉHENSION

distale, son os sésamoïde se soude au tarse et devient le calcanéum, lequel se projette en arrière de l’articulation. La jambe s’habitue ainsi à rester en llexion et tombe, à angle plus ou moins droit, sur le levier calcanéo-digital b

Telle est, en effet, la caractéristique par excellence du pied : un angle et un calcanéum (tig. 87); celui-ci contrastant, avec son homologue du carpe l’os pisiforme qui, lui, n’a pas à s’hypertrophier.

En rapport avec ces caractères opposés et les besoins qui leur ont donné naissance, le carpe et le tarse diffèrent. Le premier est formé de deux rangées transversales et parallèles : la proximale constituant un condyle brisé, allongé transversalement et reçu lâchement dans une cavité ellipsoïde radio-cubitale, dans laquelle, outre les deux mouvements principaux, il jouit d’un mouvement latéral de balancement. Le second, le tarse, a deux rangées aussi, la distale transversale, la proximale décomposée en deux rangées secondaires longitudinales réunies par un même os : l’astragale, de forme cubique, à gorge et rainures antéropostérieures, reçu dans une mortaise tibio-péronière serrée, ne permettant que les deux mouvements nécessaires à la marche, la flexion et l’extension.

La seconde rangée du carpe ou du tarse, et ce qui est en avant d’elle importent moins dans la marche primitive et ne présentent pas de sérieuses différences. Le type initial des vertébrés terrestres semble pentadaclyle.

Au-dessus du .poignet et du cou-de-pied d’autres différences se montrent. L’omoplate n’est jamais reliée à la colonne vertébrale que pour mémoire, tandis que l’os iliaque lui est toujours solidement fixé. La cavité glénoïde est toujours étroite et laisse au bras une grande liberté de mouvements, tandis que la cavité cotyloïde est creuse et sphérique pour empêcher les luxations du fémur dans les chocs violents dirigés de bas en haut pendant la course. En avant le radius tourne sur le cubitus, conserve quelques mouvements ou, par sa position, montre que précédemment il les a possédés, tandis qu’en arrière le péroné, grêle et immobile, contraste avec le tibia gros et résistant.

Il s’ensuit que, de bonne heure, les quatre membres ont

1. C’csi par le même mécanisme que l’olccrànc, d’abord un os sésamoïde, sc soude au cubitus et dépasse fortement l’articulation du coude, et que le bras ebez un si grand nombre d’animaux tombe à angle sinon droit, du moins peu obtus sur le levier cubital.

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