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CŒUR, POUMONS

Nous avons parlé du cerveau. Les autres appareils fournissent chez les Primates quelques différences rentrant plutôt dans la catégorie des caractères empiriques dont nous dirons bientôt quelques mots. Nous ne nous arrêterons ici qu’à ceux de leurs caractères qui dépendent de l’attitude, c’est-à-dire qui ne sont qu’une accommodation mécanique à la position que prend le tronc dans la position verticale. Yoici les plus intéressants.

Cœm- et Poumon. — Le cœur chez I gs quadrupèdes est situé sur la ligne médiane, son grand axe parallèle à celui du corps ; il repose sur le sternum et les articulations costosternales auxquels se fixe le péricarde. Chez l’Homme, il est obliquement dirigé à gauche et repose sur le diaphragme auquel adhère son péricarde. 11 en résulte que, chez les quadrupèdes, la veine cave inférieure a un long trajet à parcourir pour atteindre les oreillettes, et chez l’Homme un trajet court. Il en résulte aussi que chez les premiers, il s’interpose entre le cœur et le poumon, un prolongement particulier du poumon, auquel on a donné le nom de lobus impar, tandis que rien de semblable ne peut exister chez l’Homme.

Or, chez les Cébiens et Pithéciens, le cœurestdéjà oblique, la veine cave inférieure déjà plus courte, le péricarde est de plus en plus adhérent au diaphragme, quoique permettant encore à une lame de poumon de se glisser entre le poumon et le cœur. Tandis que tes caractères du type humain se retrouvent chez les Anthropoïdes, du moins le Gorille et le Chimpanzé étudiés par Broca.

Crosse «le Taorie. — Chez les quadrupèdes, elle émet, par un seul ou par deux troncs, des artères au nombre de quatre, finalement, pour chaque membre supérieur et pour chaque côté du cou. Chez l’Homme les origines de ces artères se font par trois troncs : un pour la carotide et la sous-clavière droite réunies, un pour la carotide gauche et un pour la sous-clavière gauche. Or, tous les Cébiens et Pithéciens présentent l’un des trois types des quadrupèdes. L’Orang offre un type se rapprochant de l’Homme, le Gorille et le Chimpanzé le type exact de l’Homme. Ces changements sont en rapport avec ceux de la crosse de l’aorte, dépendant euxmêmes de ceux du cœur indiqués tout à l’heure.

Cæcum, — C’est le commencement du gros intestin là où

CÆCUM.

il se continue à angle droit avec l'intestin grêle. Chez les quadrupèdes, il est relié par un méso-cæcum à la partie latérale droite de la colonne vertébrale, mais repose avec le paquet intestinal contre la paroi abdominale inférieure; tandis que chez le bipède il repose dans la fosse iliaque droite, recouvert simplement par le péritoine. Or, d’après Broca les Singes ordinaires se rapprochent du premier type et les Anthropoïdes du second.

Nous résumerons ainsi tout ce qui a trait à l’attitude et aux membres, en ce qui concerne les Anthropoïdes :

lüPar la tête et le crâne les Anthropoïdes se confondent avec les autres Singes et ne sont pas même, à l’état adulte, aussi favorisés que certains d’entre eux. Rien n’indique de ce côté un acheminement quelconque à l’attitude bipède. 2° Par la colonne vertébrale et le thorax ils sont intermédiaires entre l’Homme et les Singes, sans cesser d’être caractérisés comme Singes. 3° Par les viscères et le cœur, ils se rapprochent de l’Homme et témoignent d’un premier degré d’adaptation à l’attitude bipède plus important que tout autre caractère tiré du squelette. 4° Par le bassin, ce sont absolument des Singes, quoiqu’ils présentent quelques caractères indiquant un acheminement à l’attitude bipède. 5° Par les proportions générales des membres, ce sont peutêtre les Singes les mieux caractérisés mais d’une nature spéciale. 6° Par le pied ce sont des Singes au plus haut degré ; ils n’ont rien de l’Homme. 7° Par les membres supérieurs enfin, ils se rapprochent décidément de l’Homme, c’est-àdire que la faculté de préhension propre à tous les Primates inférieurs a fait un progrès sensible, moindre dans la main, mais important dans les parties supérieures des membres.

De cet ensemble nous concluons que, quoique se rapprochant morphologiquement et physiologiquement de l’Homme, les Anthropoïdes sont trop franchement des Singes pour en être séparés. L’Homme donc, par les deux caractères généraux dont nous venons de terminer l’examen doit rester isolé, au-dessus des Anthropoïdes et des Singes réunis, dans une même division zoologique de l’ordre des Primates.

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