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DENTS CHEZ LES MAMMIFÈRES

la partie essentielle des cornes et les ongles, sont des productions de la peau. A leur début, chez les Poissons inférieurs tels que les Cyclostomes, elles occupent indifféremment toutes les régions de la bouche. Peu à peu, elles se cantonnent aux gencives, s’attaquent à l’os sous-jacent et s’y creusent une gouttière, puis des alvéoles distinctes. Chez les Vertébrés inférieurs, elles tombent et se renouvellent incessamment. Leur forme primitive est le cône qui parfois s’aplatit, se crénelle, et plus lard, par coalescence avec d’autres cônes, engendre les molaires ou dents à plusieurs racines des Mammifères.

Chez les Mammifères, les dénis ont parfois une croissance illimitée, leur extrémité libre s’usant tandis que leur extrémité adhérente pousse toujours : telles sont les incisives des Rongeurs, les défenses incisives des Éléphants, les canines des Sangliers. Dans d’autres cas, leur croissance est limitée ; et alors il arrive qu’elles ne se renouvellent pas, comme chez les Cétacés et les Édentés, qu’elles se renouvellent partiellement, comme chez les Marsupiaux, ou qu’elles se renouvellent totalement: c’est le cas ordinaire, des dents nouvelles s’ajoutent même pour occuper la place que leur livre la mâchoire. De là division des dents en temporaires, ou de la première dentition, et permanentes, ou de la seconde. La première dentition est « le trésor héréditaire légué par les ancêtres, » dit M. Yogt; la seconde répond aux acquisitions ultérieures: aussi les deux n’ont-elles pas toujours le même type et consulle-t-on de préférence la première pour avoir la généalogie.

Les dents des Mammifères sont les seules qui soient spécialisées, c’est-à-dire qui se divisent en canines, répondant encore au type initial simple, incisives, et molaires petites ou grosses. Certaines peuvent manquer par défaut de développement suivant les genres et familles. Toutes peuvent avoir des caractères spéciaux; ainsi les molaires ont leur couronne garnie de pointes aiguës chez les Insectivores, de lames tranchantes chez les Carnassiers, de tubercules ou mamelons chez les Omnivores ; elle est plissée et en meule chez les Herbivores. Leur nombre total s’élevait à 64, 56, 44 chez les premiers Mammifères paléontologiques, il est encore de 54, 50, 48, 46 sur quelques espèces acluelles de Marsupiaux. La formule du Phenacodus éocène, par exemple, était la suivante y- j - f | = 44, ce qui veut dire trois

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