‹ L'homme dans la natureChapitre 156 sur 208 · OS TRIGONE DU CALCANÉUM · texte numérisé non relu

OS TRIGONE DU CALCANÉUM

crochu. Le pisiforme de l’Homme dépend de la première rangée; c’est un os supplémentaire, sésamoïde, placé en dedans et qui a pour pendant en dehors chez les Mammifères un os sésamoïde analogue qu’il a perdu.

Ces os se comportent différemment chez les Mammifères; ils se soudent ou s’atrophient. Ainsi, chez les Carnassiers, le scaphoïde et le semi-lunaire ne forment qu’un os, le scapholunaire.

Un os central se retrouve chez le fœtus ou persiste chez l’adulte sur un grand nombre de Mammifères, parmi lesquels les Rongeurs, les Insectivores, les Lémuriens et la plupart des Singes. Il ne fait défaut parmi les Anthropoïdes que chez le Gorille et le Chimpanzé. Il est représenté chez le fœtus humain et s’y soude avec le scaphoïde vers la fin du troisième mois de la vie intra-utérine.

Qu’en conclure lorsqu’il persiste chez l’Homme adulte? Tout d’abord que c’est la persistance d’un état fœtal transitoire ; ensuite que c’est la répétition d’un caractère anatomique, quiestde règle chez les Mammifères, lorsqu’il n’a pas disparu pour des raisons d’adaptation ou autres; enfin qu’il reproduit un caractère existant normalement chez l’Orang, le Gibbon et la plupart des Singes et Lémuriens.

Mais alors si le fœtus conserve le germe de dispositions que lui auraient léguées ses ancêtres et si ces dispositions peuvent reparaître occasionnellement, en affirmant ainsi leur existence, n’y-a-t-il pas lieu de croire qu’il en est de même toutes les fois que chez l’Homme apparaît un caractère insolite reproduisant une disposition qui existe chez d’autres animaux? C’est ce que professent les transformistes, et l’on n’a rien à leur répondre sauf qu’ils doivent se garder de trop généraliser et qu’à côté des développements ataviques il faut admettre des développements fortuits, méritant bien encore le nom d’anomalies, mais non régressives.

Os tri^one du calcanéum. — - Sous ce nom, MM. Bardeleben et Albrccht ont décrit un os résultant du partage de l’astragale en deux par une suture placée vers l’insertion du ligament postérieur de l’articulation astragalo-calcanéenne. Voici quelle en seraiL l’explication.

Le tarse est primitivement constitué comme le carpe et subit comme lui des modifications et fusions ultérieures. Le pyramidal et le semi-lunaire sont devenus au tarse l’astragale, le pisiforme répond au calcanéum, tout au moins à

POLYDAGTYLIE.

sa plus grande partie postérieure, l’os central ou deux des os centraux au scaphoïde. Or chez les Batraciens et la moitié des Marsupiaux il n’y a pas d’astragale : deux os distincts le remplacent; chez les Monotrèmes et les Edentés ces deux os commencent à se fusionner, tandis que chez tous les autres Mammifères l’astragale ne forme qu’un seul os. Le dédoublement de cet os, constituant le trigone, serait donc une réversion vers les Marsupiaux, pour ne pas parler des Édentés.

Anomalies «Isa nombre «les doigts. — Elles SOllt de deux

sortes: par défaut, ectrodactylie, un deux, trois, quatre ou tous les doigts manquant, ou par excès,' polydacly lie, un ou plusieurs doigts jusqu’à quatre étant en supplément. Le plus souvent ces anomalies existent parallèlement aux quatre extrémités et sont héréditaires dans les familles jusqu’à cinq générations constatées.

L’ectrodactylie s’explique volontiers par la réversion. Chez les Batraciens, le nombre des doigts varie, mais il n’est jamais supérieur à cinq ; chez les Reptiles, il est habituellement de cinq. Le chiffre cinq est le nombre propre aux Mammifères les plus anciens, l’un des doigts, le premier, étant un peu écarté des autres et ayant une phalange de moins. Toutes les différences qui se sont produites ultérieurement chez les Mammifères n’ont fait que diminuer ce chiffre qui persiste chez la plupart des Marsupiaux et chez les Singes. L’atrophie, quand elle se produit, marche du premier, orteil aux suivants, comme chez quelques Marsupiaux, ou plus ou moins parallèlement des deux côtés de l’axe, et aboutit à trois, deux, ou un doigt seulement chez quelques Ongulés de nos jours.

On ne peut assurément pas reporter la réversion à l’une de ces phases postérieures au moment où, dans la doctrine du transformisme, la souche des Primates se serait détachée de la souche mère. L’ectrodactylie ne saurait donc être une réminiscence que de l’époque batracienne.

Mais que dire de la polydactylie? Le chiffre dépassant cinq doigts ne se rencontre que dans la nageoire des Poissons, dont la relation avec la main des Vertébrés terrestres n’est encore établie que théoriquement. Les Énaliosauriens n’ont eux-mêmes (pic cinq doigts. Si la polydactylie est de l’atavisme remontant aux Poissons, il faut reconnaître qu’il est curieux qu’au lieu de reproduire des rayons de nageoires

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