ANOMALIES DES MUSCLES
elle reproduise des doigts véritables avec toutes leurs phalanges et même avec leurs ongles, c’est-à-dire des (ormes d’évolution qui sont postérieures.
Les lois qui président à la polydactylie doivent d’ailleurs être les mêmes que celles qui concernent l’ectrodactylie. Si la première peut, tératologiquement, se produire d’une autre façon que par la loi d’atavisme, la seconde est dans la même cas. Il y a donc là un inconnu à réserver. La tératologie a encore bien des mystères; si elle donne lieu à des formes rappelant celles du passé, elle donne lieu aussi à des formes nouvelles, imprévues, qualifiées d’anomalies, mais qui, assurent de bons esprits, ouvrent de vastes horizons à la pensée. Il y a longtemps que Geoffroy-Saint-Iiilaire a signalé la possibilité de petites modifications dans l’œuf, amenant de grands effets. M. Dareste travaille incessamment dans cette voie. Ce serait l’origine des espèces par des moyens brusques : par transfiguration et non transformation.
La colonne vertébrale, entre autres, offre aussi de nombreux exemples d’anomalies qui appellent la discussion. Tels seraient l’apparition d’apophyses styloïdes vertébrales, le déplacement du nœud dorso-lombaire, les cas de 11 ou de 13 vertèbres dorsales, ceux de 4 ou de 6 lombaires. Ce que nous avons dit page 301 retire à ces derniers cas une partie de leur intérêt. Les anomalies de nombre des côtes seraient aussi à signaler.
Les anomalies s’expliquant par la régression sont plus nombreuses encore sur les parties molles que sur le squelette. A lui seul le système musculaire en fournit de quoi satisfaire les transformistes les plus exigeants. On voit apparaître chez l’Homme, dit M. Testut, des muscles de linges, de Carnassiers, de Rongeurs, de Chéiroptères, de Didelphes et même d’autres Vertébrés. Citons au hasard l’apparition chez quelques individus d’un muscle coccyfémoral, ou agitateur de la queue chez les quadrupèdes.
Ne pouvant allonger ce chapitre nous laisserons de côté notamment : les cas de queue chez l’Homme, c’est-à-dire d’un appendice cutané et velu, inséré au niveau du coccyx et atteignant jusqu’à 10 centimètres et plus de longueur; — les diverses sortes d’hypertrichosis, en particulier le cas auquel on a donné le nom d’homme-chien et qui, d’après les uns, n’est que ia persistance d’un état fœtal et, d’après les autres, un fait d’atavisme (deux explications qui se superposent d’après le transformisme); — les mamelles