RÉSUMÉ
au milieu d’eux ; mais il commence loul d’abord par avoir leurs caractères généraux.
Ainsi, nous dira-t-on, vous placez l’Homme à côté des Singes, de ces êtres parfois si abjects. Ne pourriez-vous trouver quelque animal plus noble? Là est le préjugé, le jugement sur les apparences. Les Singes ne sont nullement des êtres déshérités. Au contraire. Certains des Ongulés, comme les Cervidés et les Équidés, ont atteint un degré très élevé dans l’échelle des Mammifères; ils ont notre estime à cause de la parfaite adaptation de toutes leurs parties à un idéal d’existence ; leurs formes sont élégantes, leur course est tout à la fois légère et rapide ; ils nous rendent des services ou contribuent à nos plaisirs; ce sont les dernières efflorescences d’une branche qui croît et fleurit depuis l’époque éocène. Certains des Carnassiers, tels que les Félidés, sont aussi l’objet de notre admiration par la parfaite harmonie de tout leur organisme en rapport avec leur mode de vie propre; ils ont la force, la noblesse, la fierté. Les Canidés, à côté, sont les amis de l’Homme. Sans doute! Mais ni les uns ni les autres ne possèdent ce qu’ont ces humbles Singes : un type cérébral prédestiné entre tous dès son origine, déjà développé chez le Papion, le plus laid d’entre eux. Le cerveau du Cheval, le plus voisin des Primates par son lobe antérieur moins rudimentaire, est grossier malgré ses belles circonvolutions, en comparaison de celui des Singes en général. Le crâne même des Singes a quelque chose d’humain, et reflète, comme nous l’avons montré, l’organe cérébral intérieur. Le cerveau a évolué dans toutes les branches de l’arbre des Mammifères, il s’est très circonvolutionné à l’extrémité de certaines branches; parfois même la richesse de ses circonvolutions dépasse celle de l’Homme. Mais dans une seule, la branche des Singes, existe dès le début ce qui donne au cerveau une valeur toute spéciale et fait que plus lard, à quantité égale ou même inégale de circonvolutions, les Singes l’emportent.
On plaisante sur les Singes, sans remarquer combien eux aussi sont merveilleusement organisés pour leur genre de vie propre. On les voit espiègles, grimaçant, se balançant d’une branche à l’autre, se livrant aux tours les plus incroyables, de véritables accrobates. Mais on ne songe pas que ces habitudes, ces nécessités de leur existence ont précisément donné naissance à l’organe auquel l’Homme doit le