PRIMATES
plus après le cerveau, la main. Cette main qui, par une étrange aberration, avait abandonné l’extrémité antérieure pour l’extrémité postérieure chez quelques Marsupiaux, occupe principalement encore cette extrémité chez les Lémuriens. Chez les Singes, elle revient prendre possession de son lieu naturel d’élection pour s’y perfectionner graduellement et aboutir à l’appareil incomparable qui a fait définir l’Homme par Franklin : « le fabricant d’instruments » !
Le cerveau et le type crânien qui l’accompagne, la main et ses annexes les ongles, sont les caractéristiques qui engendrent la situation privilégiée de ceux qu’à juste titre on réunit sous la dénomination d’ordre des Primates. Avec quelques modifications dans les proportions des membres en rapport avec l’attitude, et quelques caractères accessoires, leurs variantes y donnent lieu aux divisions qui s’échelonnent de bas en haut jusqu’à l’Homme.
Ces divisions, nous les avons vues page 148. Quelles que soient leur valeur relative et leurs distances respectives, elle sont au nombre de cinq, discutées ou non, que nous rappelons : les Lémuriens sur lesquels nous nous expliquerons, les Singes du nouveau monde ou Cébiens, dont on distrait souvent les Arctopithèques, les Singes de l’ancien monde, les uns avec queue ou Pithéciens, les autres sans queue ou Anthropoïdes, enfin l’Homme.
Voici la question que nous nous étions posée et qui avait été agitée à la Société d’anlhropologie. Les Anthropoïdes, dans cette liste, sont-ils plus rapprochés des Singes pithéciens et cébiens, ou de l’Homme? Faut-il réunir dans un même groupe les Singes et les Anthropoïdes ou bien les Anthropoïdes et l’Homme?Il s’agissait donc de mesurer, en quelque sorte, l’intervalle existant entre ces Anthropoïdes et l’Homme, en le comparant aux intervalles venant après entre les autres Singes. De la conclusion ressortait l’adoption de l’un des systèmes de classification en présence, les uns séparant tout à fait l’Homme des Primates à titre d’ordre spécial, les autres le laissant isolé chez les Primates à titre de sous-ordre ou de famille, d’autres enfin réunissant l’Homme et les Anthropoïdes.
C’est un bilan général à dresser, disions-nous ; les divergences tenant souvent à ce qu’on ne considère qu’un aspect du problème, il faut les voir tous. C’est ce que nous avons fait. A chaque caractère, à chaque ensemble de carac-