L’HOMME ACTUEL
traire à celle d’une descendance directe des Lémuriens, issus eux-mêmes des Marsupiaux. Mais nulle part elle né laisse enlrevoir si l’Homme est venu d’une seule ou de deux souches, à une même époque ou à deux époques éloignées. La question même de l’origine une ou multiple des Singes n’est pas résolue. Suivant MM. Vogt et Schmidt, les Singes du Nouveau Monde n’auraient pas la même provenance que ceux de l’ancien monde: ce qui appuierait la thèse donnant à l’Homme deux berceaux, un commun à l’Asie et à l’Amérique pour le Blanc et le Jaune, l’autredans quelque continent austral unissant l’Afrique à l’Océanie pour le Nègre.
Quel que soit le moment de cette origine, une ou double, deux périodes sont à distinguer : l’une avant l’acquisition du langage, qui concerne le précurseur de l’Homme; l’autre après, pendant laquelle s’est constitué l’Homme proprement dit.
A partir de cette acquisition commence une vie nouvelle : l’Homme, plus à même de s’associer avec ses semblables, de s’entendre avec eux, dut se répandre, devenir cosmopolite, affronter des climats de toutes sortes, rencontrer des nécessités d’existence variées, dès lors se différencier. Cette différenciation était d’autant plus aisée que son espèce était de formation plus récente et moins fixée, et que les milieux agissent sûrement dans ces conditions, tandis que plus tard, aujourd'hui, ils n’agissent peut-être plus ou du moins que fort peu.
Dès lors le cerveau grandit davantage, le crâne se transforme tout à fait, le prognathisme diminue, l’angle facial s’ouvre.
Mais en même temps intervient un nouveau facteur. Jusquelà, la lutte pour l’existence s’opérait par la force physique, à présent elle s’opère par l’intelligence, les mieux doués par le cerveau remportent la victoire. S’il est douteux, en effet, que la sélection naturelle de Darwin puisse, dans les conditions actuelles du globe, engendrer des espèces nouvelles séparées pardes barrières physiologiques, il est certain qu’elle est très efficace pour perfectionner les types au sein de l’espèce et qu’elle y constitue l’un des agents les plus puissants du progrès. A des types médiocres ont ainsi succédé des types de plus en plus favorisés, soit par la conformité générale des formes au but à remplir, soit par
L’IIOMME DE l’avenir.
le développement du cerveau en rapport avec les besoins croissants de l’Homme et des variétés de vie qu’il s’est laites. L’adaptation, — cette merveilleuse force de la nature qui régit le monde organique comme l’attraction universelle régit le monde inorganique, — a rempli son rôle vis-à-vis de lui, comme de tous les animaux, chacun en vue de sa vie propre. Chez l’Homme, cette vie propre, c’est la vie intellectuelle, celle qui, d’étape en étape, s’est glorieusement incarnée dans les Raphaël, les Newton, les Edison, les Eiffel.
Pour nous résumer sur l’Homme, les Anthropoïdes et les Singes, nous prendrons la comparaison de l’ordre des Primates à un arbre. Les Lémuriens en sont les racines donnant naissance à une ou plusieurs souches. L’une de celles-ci est la souche des Singes, dont l’une des branches émet un rameau plus élevé, celui des Anthropoïdes. Une autre, dont le point d’origine ou de conlact avec la précédente nous échappe, donne le rameau humain actuel, qui s’élève parallèlement à celui des Anthropoïdes, sans relation avec lui, et le dépasse.
L’Homme a-l-il atteint son point culminant? Est-il à bout d’évolution ou peu s’en faut? Aura-t-il le sort de ces espèces paléontologiques qui, parvenues au maximum dans leur voie, s’immobilisent et périssent? Ou bien continuera-t-il à progresser ? Ses sens acquerront ils plus de finesse, sa main plus d’habileté? Son cerveau gagnera-t-il, soit en volume, soit en circonvolutions, soit en nombre de cellules, soit en qualité de ces cellules?
'Pour notre part, nous doutons que le volume du cerveau gagne notablement, pour des raisons d’équilibre de la tête et d’harmonie de ses parties. Ses lobes antérieurs peuvent grossir cependant, jusqu’à ce que l’axe de gravité passe au milieu même de la base du crâne ou un peu en avant. Il est certain que ladolicocéphalie sera remplacée par une brachycéphalie universelle. Ce qui se perfectionnera sûrement, ce sont les qualités mêmes des cellules. De ce côté on n’entrevoit pas de limites, et, par elles, l’Homme peut espérer atteindre l’idéal bouddhique.
Lorsque l’Homme se sera ainsi élevé par la moyenne de ses (acuités intellectuelles, ses derniers types inférieurs auront disparu, les animaux les plus voisins de lui au-