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SCIENCE DE L’HOMME

Au point de vue animal : Anthropologie

Au point de vue mental : Psychologie.

Au point de vue social : Ethnographie (les peuples).

( Générale 1 Spéciale.

Mais livrer la psychologie à elle-même impliquait le droit pour elle de marcher à sa guise et de comprendre sans exception tout ce que comporte son sujet. Cette psychologie se fût ainsi divisée en trois parties : une première comprenant les faits bruts recueillis un peu sur soi-même, beaucoup sur les individus et sur les collectivités humaines, sauvages ou civilisées, puis coordonnés, réduils à leurs éléments fondamentaux et répartis dans une classification naturelle des facultés et des phénomènes en sensitifs, intellectuels et actifs; uneseconde, anatomique et physiologique comprenant l’anatomie tout entière du cerveau, y compris sa structure intime, les localisations cérébrales telles qu’elles résultent des expériences physiologiques et des observations pathologiques et tout le mécanisme des opérations intellectuelles, depuis la réception des excitants jusqu’à l’émission des volontés; enfin une troisième constituant les applications à l’anthropologie et spécialement la détermination des facultés principales distinguant l’Homme de l’animal.

Mais pour éviter un écueil on tombait dans un autre. C’était abandonner toutes les applications de l’anthropologie à des spécialistes, ethnographes dans la première partie, physiologistes et philosophes dans la seconde, trop distraits par ces deux parties pour avoir les connaissances et surtout l’esprit voulus pour la troisième. D’autre part, c’était par trop oublier que la véritable caractéristique de l’Homme ce sont précisément les facultés psychologiques. Quels que soient nos efforts pour isoler en anthropologie le physique du moral et chercher des caractères zoologiques matériels séparant l’Homme de l’animal, il nous faut reconnaître que l'abîme qu’ils établissent entre eux est bien peu de chose à côté du goulfre qui les sépare psychologiquement. Que ce soit la religiosité ou inversement la libre-pensée, la moralité ou inversement le scepticisme, ou encore l’intervention presque incessante de la volonté, par opposition à la force

CARÀCTÈRES ETHNIQUES.

instinctive prédominante chez l’animal, cette caractéristique n’a jamais été l’objet d’un doute de la part d’aucun naturaliste, d’Aristote à Linné, de Linné à M. de Qualrefages. Admettrait-on que les animaux possèdent en germe toutes les facultés humaines : leur différence si prodigieuse de quantité suffit! Quelle que soit la qualification que l’on ajoute à l’espèce homo : sapiens , induslriosus ou religiosus, il est certain que là est son essence, le trait par lequel il s’élève si haut au-dessus des animaux, et qu’on ne saurait s’étonner qu’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et après lui M. de Quatrefages, quoique admettant tous deux la nature franchement animale de l’Homme, aient fait de lui l’objet d’un règne spécial, le règne humain.

J’ai donc renoncé à ma façon de voir transitoire et suis revenu à celle que j’ai exposée à la fois en 1876, dès la première édition de mon Anthropologie et en 1886 dans mes Eléments cl’ anthropologie générale. Toute la psychologie revient directement à l’anthropologie. Les caractères d’ordre psychologique, réduits à leur plus simple expression, à attribuer soit aux races, soit au type général humain, rentrent dans le chapitre des caractères physiologiques ordinaires ; la partie anatomique correspondante reprend sa place à côté des autres caractères physiques; la partie théorique et explicative des opérations intellectuelles, des sentiments et des voûtions, rentre dans le chapitre de la physiologie spéciale de l’Homme et des applications des données de la physiologie générale.

Il ne nous reste plus ainsi à parler que des caractères d’un ordre complexe, quelques-uns conduisant à des caractères physiologiques, le plus grand nombre d’une nature spéciale, tirés de l’étude des agglomérations humaines, telles que le hasard des événements les a produites dans le présent et dans le passé. Ils portent le nom de sociaux lorsqu’on les regarde comme l’expression de la faculté primitive de l’Homme appelée sociabilité, qui les a engendrés en face de circonstances variant à l’infini. On les appelle ethniques lorsqu’on en considère les elfets complexes. S’il est une spécialité qui s’impose dans la science de l’Homme et qui doive être absolument séparée de la partie concernant l’animal, c’est assurément celle-là : on en a formé l’ethnographie et la sociologie. Son terrain, le genre de connaissances ou d’aptitudes qu’elle demande, ses méthodes sont toutes différentes; à chaque instant, elle conduiL à des

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