PRÉFACE
Il y a deux genres d’organisme cérébral. L’un dans lequel, dès le début de la vie sociale, sous l’influence des circonstances, du milieu ou de sa seule imagination, on se crée des idées qu’on n’abandonne plus et dont on poursuit le développement et les applications le reste de sa vie. L’autre, dans lequel les' idées surgissent et se modifient à mesure que l’expérience s’acquiert, qu’on se sent armé et en droit de généraliser et de s’élever.
Les premiers, dit-on, restent conséquents avec euxmêmes, ils ne changent pas sensiblement d’opinion. Pour nous, ce sont des systématiques.
- Les seconds varient, et on le leur reproche; ils ne craignent pas de renoncer à l’idée qui leur paraissait juste et qu’ils défendaient, pour une autre qui leur paraît meilleure ; ils n’ont d’autre souci que d’arriver au but : la vérité objective.
Nous nous efforçons d’être des seconds, de ne procéder que par étapes, lentement et prudemment, en ne nous fiant qu’à l’observation des faits soigneusement pesés, accumulés et rapprochés.
Sans parler des nombreux Mémoires que nous avons publiés sur des points particuliers de l’ Anthropologie, trois ouvrages résument successivement nos idées générales.
Le premier, en 1876, lest Anthropologie. Il répondait à un besoin, reflétait l’enseignement de noire maître Broca et laissait peu percer notre individualité, quoiqu’il contint déjà beaucoup de recherches personnelles.
Le second, en 1886, est nos Éléments cl’ anthropologie générale, ouvrage dont le défaut est d’être trop gros. Là, nous nous exprimons avec netteté sur l’historique, les méthodes