‹ L'homme dans la natureChapitre 24 sur 208 · SCIENCES ETHNOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

SCIENCES ETHNOGRAPHIQUES

lre Paléo-ethnographie.

2° Histoire et ses annexes : l’archéologie, la numismatique, l’épigraphie, la philologie, le folklore (légendes populaires), etc.

3° Géographie comparée, dans tous les temps.

Répartition comparée dans le temps des animaux domestiques et servant à l’alimentation, ainsi que des végétaux utiles.

5° Science comparée des milieux ou mésologie.

6e Histoires particulières des arts, du bâtiment, de la navigation, de l’industrie, du commerce, etc.

7* Démographie.

8' Linguistique.

9° Science sociale ou sociologie.

10' Science des religions.

11“ Science de la morale.

En tête figure la paléo-ethnographie, plus connue sous le nom de préhistorique ; c’est là sa place et non dans l’anthropologie. Le préhistorique se divise en effet en deux parties, l’une qui concerne l’Homme physique d’après ses os, l’autre qui concerne les sociétés d’après leurs instruments, leurs habitations, leurs sépultures, leurs restes artistiques. La première est la paléo-anthropologie; elle appartient aux anlhropologistes, au môme litre que la paléontologie animale et végétale aux paléontologistes. Il est rare toutefois que les anthropologistes, les naturalistes, les médecins, également préparés à cette étude, pratiquent

P ALÉO-ETH NOGRAPII I E.

les fouilles elrecucillenl les os humains eux-mêmes; parmi les exceptions nous citerons Lartet. Habituellement les débris de l’Homme leur sont apportés par des fouilleurs spéciaux, lesquels par parenthèse témoignent le plus souvent de fort peu de respect pour ces précieuses reliques et les laissent se perdre trop facilement. La plupart n’ont qu’une préoccupation : amasser des collections en pierre, métal ou autre qui font connaître l’ethnographie des peuples anciens, comme les objets recueillis chez les peuples sauvages actuels font connaître l’ethnographie plus ou moins moderne. M. de Mortillet a donc vu juste le jour où il a baptisé le préhistorique du nom de paléo-ethnographie (ethnologie, dit-il). On s’est demandé où est la limite du préhistorique et de l’archéologie : la réponse est facile. Le préhistorique est l’ethnographie des peuples anciens dont l’histoire ne parle pas, l’archéologie se rattache aux peuples anciens sur lesquels l’histoire fournit déjà des renseignements.

La linguistique est une science autonome et d’ordre littéraire qui se rattache à l’ethnographie par le concours qu’elle apporte à la classification des peuples, mais qui a droit à un petit chapitre dans l’anthropologie, à titre d’expression de l’une des facultés physiologiques de l’Homme.

Aucune science d’application ne figure, bien entendu, dans cette liste, par exemple la science législative, le droit et l’économie politique. La science sociale, celle de la morale, celle de la religion ne doivent être regardées ici que comme des sciences pures. Quelques personnes voudraient qu’on distinguât la première de l’ethnographie, parce qu’elle se sépare trop difficilement de ses applications si incessantes. Cela nous paraît impossible, quoique l’objection soit fondée. L’histoire des instruments en pierre, en os ou en métal, des habitations et des vêtements, de la poterie, est inséparable de celle des manifestations artistiques, industrielles ou commerciales. L’histoire des monuments mégalithiques, des coutumes funéraires, des croyances et superstitions des peuples sauvages et préhistoriques est inséparable de celle des systèmes de transmission des noms, de la propriété, de la famille, des castes ou classes, des institutions et formes de gouvernement. Tout cela est l’histoire de civilisation qui comprend les progrès de toutes sortes : matériels, moraux, intellectuels, politiques, etc. Réduire l’ethnographie à l’examen des objets (pie les peuples ont laissés cl au classement

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