L’ESPÈCE
type de l’espèce, celle de répétition ou de continuité de ce type dans le temps et celle de fécondité entre les individus de la môme espèce et de stérilité avec les individus des autres espèces. La notion de type implique celle de variations plus ou moins étendues, mais ne dépassant pas normalement une certaine limite, au delà de laquelle le type serait détruit et par conséquent l’espèce anéantie. C’est la variabilité limitée des naturalistes qui est l’un des attributs de l’espèce et donne naissance aux races. Telle, est l’acception classique. Jadis on ajoulait que les espèces sont les descendants directs et sans modifications des couples primitifs créés par Dieu. Agassiz a admis des centres divers de création et de migration des espèces, sans préjuger de leur mode de formation. Geoffroy Saint-Hilaire, — quoique ayant contribué à prouver que certaines espèces n’ont pas changé depuis 4000 ans, —acceptait que les espèces actuelles puissent descendre des espèces éteintes et ne défendait l’immuabilité du type des premières que dans l’état actuel des choses, c’est-à-dire dans la présente période géologique. Lamarck et les transformistes d’aujourd’hui vont plus loin : ils nient celte fixité et disent que les espèces ont changé et changent encore insensiblement ou visiblement.
La détermination d’une espèce repose d’abord sur sa morphologie, c’est-à-dire sur la constatation d’un ensemble de caractères ou types, la distinguant nettement des autres espèces voisines, — ensuite sur la transmission démontrée ou présumée de ce type. Sa confirmation est donnée par la propriété physiologique de ses individus de n’être féconds qu’entre eux. Mais ce critérium n’étant pas tou jours vérifiable et exigeant un soin excessif, on s’en tient ordinairement aux deux premiers traits, sinon au premier seul, la morphologie. De là un doute jeté fréquemment sur la légitimité de certaines espèces et la distinction, en botanique spécialement, des bonnes et des mauvaises espèces. Les seules certaines sont celles dont la propriété de la fécondité au dedans et de la stérilité au dehors a été prouvée, propriété providentielle qui a pour elfet d’isoler l’espèce, de la circonscrire, de la confirmer dans son type et d’empêcher son mélange et sa confusion avec les voisines. Sans celte barrière physiologique il n’y aurait pas d’espèces permanentes.
Aussi est-ce contre cette propriété que se sont portés les efforts des transformistes dont toutes les affirmations échouent devant cet obstacle: 1° disent-ils, elle n’csl pas constante, par