HYBRIDITÉ
exemple chez le Chien, qui forme un genre dont les espèces nombreuses, déterminées par la morphologie, sont toutes fécondes entre elles. A quoi les classiques répondent que le Chien ne forme qu’une espèce et que ses divisons ne sont que des races, l’extraordinaire polymorphie de ces races s’expliquant par les mêmes motifs que celle des Pigeons domestiques dont cependant on connaît le type primitif unique dans le Columba livia. Ce sont les mêmes arguments que chez l’Homme : celui-ci est un genre, disent les polygénistes, et certaines de ses races sont des espèces. Non, répondent les monogénistes, toutes les races humaines ne sont que des races, les croisements entre elles sont tous féconds et l’Homme ne forme par conséquent qu’une espèce.
— 2° Il y a des exceptions ou atténuations à ladite propriété physiologique, disent ensuite les transformistes et disaient avant eux les polygénistes, ne songeant qu’à l’Homme et à la fécondité entre touLes ses races qui est le gros argument qu’on leur adressait. La stérilité est incomplète entre quelques espèces, c’est-à-dire qu’un hybride prend naissance, ne pouvant, il est vrai, se reproduire avec un autre, ou, s’il se reproduit à sa seconde génération, ne pouvant aller au delà.
— 3° Il y a même des cas oii une série complète d’hybrides se pfoduit, comme chez les Léporides, et devient une espèce intermédiaire nouvelle. A cela on répond que le type de ces Léporides fait retour vers l’une des deux souches dès que les unions ne sont plus surveillées.
De* là la division des espèces proposée par Morton en éloignées lorsque leurs croisements sont complètement réfractaires, ce qui est plus que la règle; alliées lorsqu’il se produit entre elles un hybride ne dépassant pas la lre, la 2°, à la rigueur la 3° génération; et parentes lorsqu’il y a fécondité indéfinie. Le dernier cas a-t-il été jamais observe et suivi un temps suffisant, voilà la question.
Broca a donné dans son mémoire sur YHybridité une division plus complète des différents cas pouvant se présenter. Les degrés de la fécondité sont pour lui au nombre de quatre : l’ hybridité agénésique lorsqu’il y a des métis de premier sang et rien de plus, ceux-ci étant stériles, soit entre eux, soit avec l’une des espèces mères; la dysgénésique lorsque ces métis, inféconds entre eux, sont féconds avec l’une des espèces mères sans toutefois que les produits puissent dépasser la première génération ; la paragônésique lorsque les métis sont peu ou point féconds entre eux, mais indéfiniment féconds
Topjnahd.
RACES
avec, l’une des espèces mères, en sorte que directement rien ne se perpétue, mais que par voie collatérale une espèce nouvelle prend naissance; et enfin Y eugénésique dans laquelle la fécondité est directeet illimitée. C’est à propos des Léporides précisément que Broca avait exposé cette nomenclature; la suite des événements a prouvé que le Lièvre et le Lapin ne sont ni paragénésiques, ni eugénésiques, comme il le croyait, mais simplement dysgénésiques.
L’acception classique de l’espèce a, en somme, résisté à tous les assauts, la barrière physiologique persiste et la défend contre toute dislocation non passagère. Voilà pour le présent. Mais cette barrière a-t-elle toujours existé? Si l’on examine les passages successifs des espèces les unes aux autres dans les temps paléontologiques et les nombreuses chaînes d’espèces que la science est parvenue à reconstituer des temps éocènes à l’époque actuelle, pour ne parler que des Mammifères, on est tenté de croire ou que cette barrière n’existait pas ou qu’elle s’est levée bien des fois dans des circonstances que nous ignorons. On est même porté à se demander si toutes les espèces actuelles ne sont pas que des formes à bout d’évolution, des extrémités désormais fermées, chez lesquelles s’est progressivement établie celle singulière répulsion physiologique pour les espèces voisines qui a polir effet de les isoler et de les individualiser telles que nous les voyons aujourd’hui.
Races. — En histoire naturelle générale elles se définissent: les variétés constantes de l’espèce, et se reconnaissent à un ensemble de caractères, qu’elles ont reçus et qu’elles transmettent à leur tour, qui est le type de la race. Elles diffèrent de l’espèce : 1° par l’importance morphologique moindre des caractères, 2° par la fécondité indéfinie de leurs individus avec ceux des autres races de la même espèce. Leur origine plus ou moins éloignée par différentiation spontanée du type de l’espèce, par l’action des milieux, par la sélection, les croisements ou autrement, est réservée.
Les races animales se partagent en naturelles ou sauvages, produites par la nature, et artificielles ou domestiques, dues à la main de l’homme. Les premières sont rares, chose curieuse, du moins chez les Mammifères que nous avons seuls en vue, tandis que les secondes sont très communes. Cela se conçoit. Pour qu’une variété accidentelle se fixe dans l’état naturel, c’est-à-dire devienne une variété