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RACES HUMAINES

de la race; elle est dans le Thresor de la langue française de François Tant, revu par Nicot en 1606 : « Race vient de radix racine, et fait allusion à l’extraction d’un Homme, d’un Chien, d’un Cheval; on le dit de bonne ou de mauvaise race. » En voici une autre prise dans le Dictionnaire universel de A. Furetière en 1727 : «Race : lignée, tous ceux qui viennent d’une même famille; génération continuant de père en fils; vient de radix , racine, pour indiquer la généalogie. »

« La notion de race, dit M. Sanson, dans la 2e édition de sa Zootechnie , n’est autre chose qu’une extension de celle de famille ; c’est la descendance d’un couple primitif. » Choisi par l’Homme, faut-il ajouter. 11 y a loin de cette acception restreinte à celle des naturalistes, donnée pour la première fois par Ruffon.

Rref, le mot de race n’est pas pris dans le même sens visà-vis des races naturelles et vis-à-vis des races domestiques. Quel est le bon? Pour les premières, on ne s’appuie que sur ,’un des éléments de la notion de race, le type morphologique; pour les secondes, on s’appuie sur celui-ci et sur ce qui en est la consécration, la filiation. Lorsque les naturalistes parlent des races, ils citent les races domestiques et les définissent comme s’il s’agissait de races naturelles.

Chez l’Homme, deux acceptions ont cours : l’une, celle des naturalistes, qui plane de haut sur le sujet et qu’il faut nécessairement conserver, sauf à voir si elle répond à l’état de choses ; l’autre, courante, qui est erronée. Quant à l’acception des zootechniciens, on en parle peu, et c’est peut-être la plus exacte.

Au point de vue de l’histoire naturelle, les races humaines sont les variétés fixes de l’espèce humaine pour les rnonogénistes ou les classiques, et les espèces et races du genre humain pour les polygénistes. Du reste dans leurs discussions le mot était neutralisé. Les monogénistes soutenaient que toutes les races humaines sont eugénésiques, et dues à l’action des milieux; les polygénistes, qu’elles sont dysgénésiques ou agénésiques et que leurs caractères sont permanents. Dans le premier cas, ce sont des races, dans le second des espèces, du moins les types examinés; cardans la mêlée on n’établissait guère de distinction entre les races d’ordre divers. Voici un exemple de leurs arguments. Les Juifs de Cocliin, sur la côte de Malabar, sont devenus, en mille ans, aussi noirs que la race noire des Indes, disaient les monogénistes. Non, répondaient les polygénistes, on les aconfondus

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