‹ L'homme dans la natureChapitre 6 sur 208 · W. EDWARDS · texte numérisé non relu

W. EDWARDS

encore de la zoologie générale. D’une part, les médecins continuent à s’attribuer l’anatomie détaillée de l’IIommc, en se fondant sur l’idée erronée que cette anatomie est identique dans toute l’étendue du genre humain. D’autre part, les naturalistes, — parmi lesquels, pour ne citer que des noms français, Cuvier, Lamarck, A. Desmoulins, Serres, Leuret et Graliolet, — étudient l’Homme en même temps que les autres animaux, sans songer que cette partie de leur domaine doit former une branche à part au même titre que la mammalogie ou l’ornithologie. Une certaine autonomie ne se manifeste qu’autour de la partie portant aujourd’hui le nom d ’ anthropologie spéciale et qui concerne les divisions du groupe humain.

Là, en effet, se distinguent deux branches : l’une regarde le squelette et le cadavre, c’est-à-dire l’anatomie; l’autre, qui étudie le vivant, est particulièrement du ressort des voyageurs. La première se concentre presque exclusivement sur la cràniologie, sinon sur la crâniométrie et compte comme noms : Barclay, Comhe, Parchappe, Lelut, Morton, Vander Hœven, Busk, de Baer. La seconde prend une place plus importante ; on s’y occupe des races sans se demander si l’Homme est ou non un animal. Celte étude des races, née insensiblement avec les découvertes successives des voyageurs, stimulée avant la Dévolution parle naturalisme entre autres de Bougainville, surexcitée par les discussions entre les monogénistes ou classiques et les polygénistes ou voltairiens, et résumée par Buffon, aboutit en 1835, à la fondation de la Société d’ethnologie de Paris par W. Edwards. Parmi les monogénistes de cette 3e période se rangent Wisemann, Prichard, Flourens; parmi les polygénistes, Virey, A. Desmoulins, Bory de Saint-Vincent, Nott et Gliddon. La lutte prit fin avec la découverte de l’antiquité de l’Homme, si lointaine que la plupart des arguments invoqués de part et d’autre s’écroulaient. Les deux derniers ouvrages parus furent : le mémoire sur YHybridité par Broca en 1858-59 et un article de la Revue des Deux Mondes sur Y Unité de l’ espèce humaine par M. de Quatrefages en 1860.

Le trait dominant de l’étude des races dans cette 3 période est l’inllucnce exercée par une science nouvelle, ne doutant de rien comme toute science jeune, la linguistique, qui fit confondre les peuples de l’histoire et les langues qu’ils parlent, avec les races de l’histoire naturelle. C’est elle qui, s’emparant du mot ethnologie, le détourna du sens vrai

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