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HISTORIQUE

rent à la même époque avec W. Hamilton en 1830, Sims en 1835, Tiedmann et Parchappe en 1837. Tout cela conduisit à la mensuration extérieure du crâne lui-même, vers laquelle poussait, d’autre part, la doctrine de Gall, alors au point culminant de sa vogue. Ainsi naquirent les systèmes craniomélrique et céphalométrique d’abord des adversaires

» Fig. 26. — Crâne de profil, système craniométiique de Camper.

Le crâne est orienté suivant la ligne ND. L’angle facial de Camper est à l’intersection de la ligne faciale l\IG, et de la ligne ND. — TGS. angle maxillaire de Camper.

de sa doctrine, Parchappe et Lelut en 1837-41, puis de ses partisans, Combe en 1831 et Dumoutier en 1841.

Parallèlement, cependant, surgit une autre école ne visant que la distinction des races humaines, ou mieux deux écoles : l’une en Hollande, en 1837, avec Van der Hœven, l’autre aux États-Unis, en 1839, avec Morton. Les systèmes de Baër et de Buck ne vinrent qu’après, en 1861. C’est alors que parut Broca.

Broc». — Bien qu’il se fût essayé quelques années avant dans un mémoire sur les os du cimetière des Céleslins, le premier travail de notre vénéré maître date de 1860; ce fut

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la présentation de son premier craniographe à la Société d’anthropologie.

Broca avait voulu d’abord entrer à l’École polytechnique, Il n’y renonça, pour se consacrer à la carrière médicale oü il remporta tant de succès, que sur les instances de son père. Toute sa vie d’anthropologiste et surtout de craniologisteest le reflet de ses études premières de mathématiques, pour lesquelles il conserva toujours un goût prononcé. La caractéristique de tous ses travaux, en effet, et plus particulièrement de sa craniométrie, est une extrême précision dans les détails. On l’y voit créant des nomenclatures et des systèmes nouveaux, inventant des instruments, cherchant des points de repère, des procédés, imaginant des indices, fabriquant des barêmes, appliquant la méthode trigonométrique, défendant le principe des nombres et des moyennes, et aboutissant entre autres à ce qu’il appelle lecrâne moyen. Répudiant toute théorie, attendant tout du travail, il amassait patiemment des chiffres, les laissait parler d’eux-mêmes et faisait de la craniométrie une science mathématique. Deux de ses mémoires entre autres le peignent: ses recherches dix fois prises et reprises sur les lois de tassement et d’écoulement des corps granuleux, qui le conduisirent à sa méthode de cubage du crâne, la seule réglementée logiquement jusque dans ses moindres détails qui existât au jour de sa mort; et ses recherches méticuleuses sur les variations que produisent sur les mesures des os la sécheresse et l’humidité.

Jamais, cependant, Broca ne tomba dans ces minuties de mathématique qu’on rencontre au delà du Rhin et qui exigent des appareils complexes, coûteux, avec lesquels l’étude d’un seul crâne demande des jours. 11 ne voulait que des instruments simples, accessibles à tous, et allait droit au but sans s’arrêter aux subtilités. Il ne voyait dans cette masse tourmentée, sans forme comparable à quoi que ce soit autre, sans point ni ligne de repère fixe, qu’on appelle le crâne, qu’un corps creux composé de parties engrenées les unes dans les autres, dont il mesurait patiemment d’abord l’extérieur sur toutes ses faces, puis l’intérieur, puis chacun des os séparément, prenant successivement leurs diamètres antéro-postérieurs, transverses, verticaux, maximum, minimum, les courbes ou circonférences, les angles au besoin, ou encore les rayons. S’interdisant tou te opinion préalable parla vue, il réservait ses impressions et ne commençait à songer à

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