CHAPITRE X
CRANIOMÉTRIE. • — IDEES GENERALES SUR LESQUELLES ELLE REPOSE. SON ÉTAT ACTUEL. — MESURES PRINCIPALES.
La craniologie est l’étude du crâne par quelque méthode que ce soit. Par la vue, c’est la méthode descriptive; par le dessin, la méthode graphique ; par les mensurations, la craniométrie.
Historique. — Il n’y a pas à s’occuper de l’essai de craniométrie de Spiegel. Le premier sérieux est de Daubenton, en 1764. Ce naturaliste, le collaborateur de Bulïon, inventa un angle qui porte son nom, exprime l’inclinaison du trou occipital à la hase du crâne et sépare l’Homme de tous les animaux, y compris les Anthropoïdes. Après lui, en 1770, Pierre Camper créa tout un système de craniométrie dont les deux traits les plus importants sont un premier angle donnant l’inclinaison de la ligne faciale sur ce qu’il croyait être l'horizontale du crâne, et un second mesurant la projection des deux mâchoires réunies; les deux distinguant l’Homme des animaux plus qu’ils ne distinguent les soustypes de cet Homme (voir figure 26).
Avec Camper prit naissance ce qu’on appela l’école des angles. Née en Hollande, elle s’étendit en France avec Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, en Allemagne avec Walthcr et Spix, en Écosse avec Ch. Bell, Barclay, Lcach, etc. ; elle donna l’impulsion à la craniométrie. Daubenton avait en vue la zoologie, Camper s’adressa aux artistes; Spix et Üken après eux ne s’inspirèrent que d’idées systématiques.
Auparavant, Sœmmering s’était attaché à un autre point de vue : le volume du cerveau. Ses premiers résultats soulevèrent des controverses et amenèrent de nouvelles recherches. Saumurez, en 1798 et Virey, en 1817 jaugèrent la cavité cérébrale avec de l’eau; W. Hamilton, en 1831, et Tiedmann, en 1837, avec du sable; Morton, en 1839, avec du petit plomb. Les pesées de séries de cerveaux commencé-