ZOOLOGIQUE OU COMPARÉE
n'ont d’autre Irait commun que d’avoir une cavité cérébrale située en haut et en arrière et une face s’allongeant en museau en avant.
Autrement dit, telle mesure prise suivant un procédé, tels points de repère excellents pour les Hommes entre eux, peuvent n’êlre que passables lorsqu’on les applique aux Anlhro-
Fifj. 27. — Face latérale du crâne. — Nomenclature et lignes craniométriques.
Os. — Fr, frontal ; Pa, pariétal ; Oc, occipital ; Sp, grandes ailes de sphénoïde ; Te, temporal; J, jugal; Mx, maxillaire supérieur; Ma, mandibule; Ml, apophyse mastoïde; C, condyie de l’occipital; D, trou auditif; Pt, ptérion ; Ct, crête temporale.
Points craniométriques. — A, point alvéolaire; E, épine nasale; N, racine du nez ou nasion; G, glabelle; Of, ophryon deBroca; M, métopion; Br, bregma; Ob, obélion ; L, lambda; I, inion; Op, opisthion ; As, astérion; St, stéphanion.
Lignes. — BB, plan alvéolo-condylien de Broca; W. W, plan sous-orbito sus-auditif de Virchow ou de Franckfort: Or, plan des orbites; GB, diamètre antéro-postérieur de Broca ou maximum; GK, diamètre antéro-postérieur dit maximum do Virchow ou de Franckfort; X, point où tombe habituellement le diamètre transverse maximum.
poïdes ou à tous les Primates et être décidément trop approximatifs ou mauvais, lorsqu’on les applique aux autres Mammifères. Les règles adoptées en craniométrie humaine ne sauraient donc toujours convenir à la craniométrie comparée des Primates, et à plus forte raison à la craniométrie comparée des Mammifères. Si l’on veut fonder la craniométrie zoologique, il faut ne considérer l’Homme que comme un animal, au môme Litre que les autres, et ne pas tout lui
CRANIOMÉTRIE.
sacrifier. Il doit y avoir des mesures de classe, d’ordre, de famille, de genre, sinon d’espèce, absolument distinctes. Encore ne faut-il pas oublier que si les différences de taille et de volume sont parfois bien gênantes dans le sein des espèces, elles le sont bien davantage entre sujets de divisions zoologiques éloignées. La valeur de la craniométrie, en un mot, est d’autant plus grande qu’elle se concentre dans un groupe plus étroit et d’autant plus incertaine qu’elle s’efforce d’embrasser davantage. Nous comptons préciser et développer ces aperçus dans un ouvrage ultérieur. La suite de ce livre montrera cependant que déjà nous sommes en possession d’assez nombreux caractères zoométriques dignes d’être conservés, sauf à les interpréter correctement. Il ne faut pas oublier que, dans cette voie, le plus petit grain de mil vaut tous les caractères descriptifs.
Correspondance entre le crâne et le cerveau. — C’est la
seconde idée présidant au choix des mesures en craniométrie humaine. Cette correspondance entre le contenant et le contenu est-elle aussi étroite que beaucoup se l’imaginent?
Assurément aucun craniologisle digne de ce nom ne croit aujourd’hui à la doctrine des bosses de Gai I , l’un des produits les plus étranges de l’imagination humaine. La phrénologie fut une folie épidémique comme celle des tables tournailles. Un jour, par amusement, nous avons cherché la prétendue bosse du meurtre sur 26 crânes d’assassins et sur 24 de Parisiens. Les premiers l’ont présentée à un faible degré, 4 fois (en prenant la moyenne des deux côtés) et prononcée 3 fois et demie; les seconds, 6 fois faible et 4 fois prononcée. Cette bosse n’est qu’une saillie de tout ou partie de l’écaille temporale par accident de croissance.
Voici à quoi se réduit la correspondance du contenant et du contenu de la boîte cérébrale :
De la naissance à l’âge adulte, le cerveau croît rapidement jusqu’à 1 an, moins vite jusqu’à 7 ans, puis très peu jusqu’à 20 ans, l’accroissement ultérieur jusqu’à 30 à 35 ans étant presque insensible. Les parois du crâne munies de sutures ouvertes ciui leur nermettent de céder, suivent le mouvement et croissent parallèlement. Le volume et la forme du crâne sont ainsi subordonnés d’une manière générale à la poussée intérieure de son contenu. Crâne et cerveau naissent d ailleurs prédisposés à acquérir une grosseur et une forme données qui résultent de la somme des influences ancestrales