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ÉVOLUTION DE L’ENCÉPHALE

tërieur), très petits; 3udeux reliefs arrondis, rudimentaires, répondant à de futures couches optiques ou thalamencéphale (cerveau intermédiaire); deux rendements, aussi gros que les lobes olfactifs chez la Lamproie, dits lobes optiques ou bijumeaux, ou mésencéphale (cerveau moyen] ; 4° une bandelette transversale indiquant le cervelet ou métencéphale de Wiedersheim (cerveau postérieur) et enfin 5° le bulbe ou myélencéph'ale (arrière-cerveau). Ce type est celui des Poissons, il ne diffère çà et là que par le plus ou moins de développement de telle ou telle partie. Son caractère essentiel, à une ou deux exceptions près, est le petit volume des hémisphères et, par opposition, le très grand volume des lobes

Fig. 39. — Encéphale de Carpe.

Fig. 40. — Encéphale de Grenouille.

Fig. 41. — Encéphale de Pigeon.

A, hémisphères: B, lobes optiques: C, cervelet.

optiques. Aucun nerf crânien ne naît des hémisphères dont on ne saurait encore soupçonner les hautes destinées, sauf les nerfs olfactifs qui en dérivent en haut. Les nerfs optiques, déjà entre-croisés, apparaissent entre les lobes optiques et le thalamencéphale; les autres nerfs crâniens pluç bas se succèdent sur les côtés du bulbe.

Chez les Batraciens et les Reptiles un changement profond s’opère, les hémisphères prennent la première place comme volume, les autres parties se rapprochent, les lobes optiques diminuent, le rhinencéphale vient coiffer les lobes cérébraux, le cervelet commence à se lobuler. A l’intérieur des ventricules latéraux, ou ventricules propres de l’hémisphère, se forment les corps slriés et couches optiques et les petites commissures réunissant les hémisphères de chaque côté.

Chez les Oiseaux, un grand progrès s’accomplit, les deux hémisphères mieux unis, ont fortement grossi et inversement les lobes optiques et le cervelet ont diminué. Tout se tasse, le cerveau intermédiaire est recouvert, des Iraces d’organes propres aux Mammifères se dessinent, comme si

dans l’axe cérébro-spinal il y avait une prédisposition qui, tout en permettant les variations les plus étendues, oblige les organes à évoluer dans de semblables voies pour aboutir à des dispositions analogues.

Chez les Mammifères le progrès est bien plus grand. On ne le voit pas beaucoup encore si l’on considère les Mammifères fossiles anciens, ceux de l’éocène inférieur américain dont la cavité cérébrale dépasse peu celle des Batraciens. Mais il en est tout autrement lorsqu’on s’attache aux espèces actuelles, les unes relativement inférieures, comme les Aplacentaires, les autres de plus en plus élevées, comme les Primates chez lesquels apparaît enfin un type nouveau, unique, supérieur à tous les autres types, qui, de degré en degré, arrive à l’Homme.

Chez ces Mammifères trois nouvelles commissures, plus importantes que les précédentes, se montrent : le corps calleux, le trigone cérébral et le pont de Varole. Les lobes optiques perdent encore de leur importance primitive, diminuent, se divisent et deviennent les tubercules quadrijumeaux. Les lobes olfactifs au contraire prennent d’abord plus d’importance, ils enlacent de leurs racines la base des hémisphères, puis diminuent, perdent leur autonomie ou s’atrophient complètement. Le cervelet a aussi ses péripéties. Mais l’influence maîtresse est celle des hémisphères. Ils s’accroissent en tous sens : en avant où ils finissent par recouvrir et dépasser les lobes olfactifs ; en arrière où ils franchissent le cerveau intermédiaire, débordent les tubercules quadrijumeaux, s’avancent sur le cervelet et arrivent à le dépasser; sur les côtés où ils s’étalent, se recourbent en dessous et enveloppent les parties moyennes; enfin en haut. Leur masse même ne leur suffit plus; par un artifice de plissement, leur surface gagne en étendue de façon à fournir, dans une cavité étroite et close, le maximum de travail et à devenir à son dernier terme de développement chez l’Homme l’organe prédominant, imposant à toute l’économie son autorité. C’est de ce type supérieur que nous allons parler.

Dans la différentiation du type cérébral des Mammifères quatre facteurs principaux interviennent sur lesquels nous allons insister : 1° les péripéties du rhinencéphale ; 2° 1 état lisse ou plus ou moins plissé de la surface des hémisphères; 3° la forme de l’encéphale dans son entier; 4U son volume.

brami ioi»c linibique. — Le rôle inattendu que le rhinen-

GRAND LOBE LIMBIQUE.

céphale joue dans la constitution du cerveau des Mammifères a été découvert par Broca, qui en a fait l’objet de deux de ses plus remarquables mémoires sur le cerveau : 1 un sur le grand lobe limbique, l’autre sur les centres olfactifs , tous deux parus dans la Revue d’anthropologie en 1878 et 1879.

L’appareil olfactif des Mammifères est formé de trois par-

Fig. 42. — Grand lobe limbique vu par sa face inférieure, chez la Loutre (Carnassier). La moitié du cervelet, de la protubérance annulaire et du bulbe d’un côté, est enlevée pour montrer la face inférieure de l’hémisphère droft.

O, lobe olfactif ; II, lobe de l’hippoeainpe ; C", extrémité postérieure du lobe du coips calleux; 2 et 3, racines externe et interne du lobe olfactif; 6, pédoncules cérébraux; 9, pli de passage rélro-limbique.

fies: une antérieure éxclusivement consacrée à la fonction olfactive et deux postérieures qui remplissent en même temps d’autres usages. Les trois forment autour du seuil de chaque hémisphère une sorte d’anneau pédiculé ou de raquette. C’est à cet anneau que Broca a donné le nom de grand lobe limbique parce qu’il se compose de plusieurs sections ou lobes et que chez l’Homme, où il est transformé, il occupe le bord le plus périphérique recourbé en dedans, ou limbe , de la surface des hémisphères appelée man-

teau ou pallium. Le corps de cet anneau comprend un arc limbiquc supérieur formé par le lobe du corps calleux chez la plupart des Mammifères ou la circonvolution du corps calleux chez les Piimales, et un arc limbique inférieur ou lobe de l'hippocampe chez la plupart des Mammifères, cinquième circonvolution temporale chez l’IIommc, les deux communiquant en arrière lorsque chez les Primates une certaine scissure calcarine ne vient pas les séparer. La poignée de la raquette de son côté comprend le lobe olfactif de l’anatomie humaine, le pédicule qui lui fait suite et les racines par lesquelles il se termine, au nombre de quatre * une qui se

Fig. 43. — Grand lobe limbique vu à la face interne de l’hémisphère de la Loutre (Carnassier).

Au centre se voient, de bas en haut et d’arrière en avant, la coupe du pédoncule cérébral, la couche optique, le corps trié et le corps calleux.

0, lobe olfactif; II, lobe de l’hippocampe; C, C', C", lobe du corps calleux; il, pli de passage prélimbique ou fronto-iimbique ; 9, pli de passage rétro-limbique ou pariéto-limbique; F, lobe frontal ; PP, lobe pariétal ; 10, scissure sous-frontale; 13, 13, scissure sous-pariétale ou calloso-marginale.

perd en bas et en arrière dans le lobe de l’hippocampe, deux qui se rendent en haut et en arrière dans le lobe du corps calleux, les trois mettant en communication les nerfs périphériques de l’olfaction avec ce que Broca appelle le cerveau brutal , la quatrième qui disparaît immédiatement en haut dans le lobe frontal et met les mêmes nerfs de l’olfaction en communication avec ce que Broca appelle le cerveau intellectuel. Ces deux dénominations, cerveaux brûlai et intellectuel, donnent toute l’explication des différences que présente le rhinencéphale ou grand lobe limbique dans les Mammifères.

Les Mammifères se partagent, disait Broca, en Osmatiques, chez lesquels l’appareil a tout son développement, el Anosmatiques, dans lesquels il a diminué ou disparu. Sir

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