‹ L'homme de génieChapitre 106 sur 257 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

iA Fourmi. — S'il y a une bête sur la terre — vilaine, laide et méchanle — à qui il soit Juste l'aire la guerre, — parce que lâche et malfaisante, — je crois bien, on l'a déjà JiL. — celte bête-lù c'est la fourmi.

» Vient l'éLé : le bon paysan — dans les champs nioissonne et sue: — elle s'avance tout doucement, — en cachette et sans être vue, — elle emporte bien des épis — l'insaliable fourmi.

» Le froid hiver, dans son abri, — d'élre juste, elle a croyance; — du laboureur se moque et rit, — elle mange, mange et fait bombance, — sans rien donner à qui mendie, — cette avare et triste fourmi.

• On ne trouve que l'égoïste, — ou des gens à court d'idées, — qui la notent en chef de liste — parmi les bêles plus h louer; — mais la Muse est l'ennemie — de l'ignoble fourmi.

> Petit enfant, ^.coute, ici; — si lu trouve sur ton sentier, — cet insecte que je maudis, — mets en œuvre ton petit pied, — écrase, vite, toutes les fourmis — Dieu luimême t'en bénit >.

L'auteur, en est un monomane qui tourne h la démence; il croit appartenir à la famille de Lorraine, comme le démontre bien celte lettre :

" Monsieur le Docteur,

» Voici les vers. Je les ai faits en peu de minutes; ils sentent l'improvisai ton et je n'ai pas le temps de les corriger. — Le cas échéant que vous les publiez (ce qui n'est pas difficile) et que vous y mettiez une introduction (ce qui est très facile), je vous prie de vous rappeler d'être QO gentilhomme. Lors de la publication (dans la Chronique du mois de janvier 1886) do la Cigale, — que vous m'avez

22^ TR0ISIJ8ME PâRTIB

voUe^ — et que je n'aurai certainemeot publiée, parce que incorrecte, --<- il y a eu bien de la mauvaise foi de voire part. Vous avez écrit qu elle vous avait été donnée (je répète encore que vous Tavez volée) par un païuvre monomane {akl vous vous déshabillez, U semble) qui préiendait d!êire UN karraim^ Le vrai est que depuis piu& d'une année (du moment de la publication de la Cigale)* j'ai déclaré être Henry VI de Bourbon, c'est-à-dire, le Dauiphin. Si dans les premiers temps de ma réclusion ici , je disais être Pierre- Léopold de Lorraine (le irmième de ce nom), cela ne voulait pas dire que j'étais un Larraine, car on pourrait entendre un Lorraine quelconque (bâtard ou apocryphe):-* Pierre-Léopold 01 est le chef de ^illustre maisoa : il est très légitifM et je le connais. Dans cette affaire aussi il y a de la mauvaise foi. Donc

» Yotre E. M. *.

Voici, une lettre écrite à la vierge Marie par un droguiste enfermé à Sainte-Anne :

Sainte-Anne, le 26 férrier 1880.

Madame,

Veuillez ajyrécr T hommage De ce modeste sonnet Et le tenir comme un gage De mon sincère respect.

SoNHET.

Souvenes-vons, reine des dieux, Vierge des vierges, notre mère, Que vous êtes sur cette terre L'ange gardien mystérieux (1).

(1) Parant, Ouvrage cité. — Regnard. Sorcellerie. 1887.

Page 1