CHAPITRE PREMIER
Le poëme est divisé en deux parties. La première est intitulée: La nuit orageuse; en voici un fragment:
« Notte, te certo non creô TEterno A placidi riposi, a'sospirati Colloqoi di due flde anime amanti, Che spaziando fra la terra e il cielo S'aprono a quêta voluttà, quai flore Che sol tra Tombre verecondo olezza.
Ma il terrore ti ayvoiso e ti sospinse Dagli abissi degli anni e tn sei bella Orrendamente
» Ma tu mi scgui, o dolcissima imago, • E queste oscuro région consoli Del tuo placido lume: ob, potessMo Dairintiero uni verso una, sol'una Cosa rapir, delizïarmi in essa.
Eternamente ! Non poter, non oro, Oui Panima immortale anco si vende, Ma te, te sol a ! e poi crearti un mondo Più prcsso al ciel, ne avvelenato'ancora Dallo sgnardo mortal ; là non vedrei Quel crudele sogghi^^mo onde Tignara InnoccDza è derisa e quelle infami Arti che Tuomo nominô prudenza... (1) ».
La deuxième partie a pour tilre : La pensée. En voici les derniers vers :
(1) « Oh nuit! rÉternel ne t'a point créée pour les paisibles repos, pour les soupirs et les ravissantes causeries de deux âmes amoureuses, qui, errant entre ciel et terre, s'épanouissent dans une douce volupté comme la fleur modeste qui répand dans Tombre ses parfums suaves. Mais la terreur t'a saisie et t'a jetée dans l'abime éternel des années. L'horreur te fait belle, terriblement belle !
» Mais tu me suis, o douce image ; de ta splendeur tranquille tn soulages ces sombres contrées. Oh, si dans le grand univers je pouvais ravir une seule, une unique chose, et, jouir de sus délices éternellement! Ce n'est ni le pouvoir, ni l'or, à qui, pourtant des âmes immortelles se vendent, mais toi, toi seule ! Je voudrais te créer, plus près du ciel, un monde, que l'homme n'eût point encore empoisonné de son regard, là où le cruel sourire du méchant ne raille point Tinnocence candide, là où il n'y a point de ces arts infâmes que le mortel nomme prudence... ».
« una parola
Dammi a sciorre Tincanto e la catcna Che mi grava alPabisso; ah, tu ben sai, NuIIa spero quaggiù; unlla airimmenso Dcsiderio mi basta; io non intendo Qnesta voce, che ho dentro e cho vi suona Come turbo in voragtne; te atesso Non intendo; ma anelano i miei 8<;nardi DalPorlo délia tomba alla immortale Alba d'nn giorno, che per te mMnyia Già un balen nella mente a consolarmi Dei miei brevi de8tini(l; ».
Dans ce curieux journal, nous trouvons un écrit très important pour la psychologie.
Un pauvre malade, Fo..., sous le litre de Souvenirs d'outre tombe, écrit les impressions de sa vie spirituelle, depuis que « ayant quitté les apparences humaines, il vit sur la terre en esprit, parcourt les villes et les campagnes, s'élève au dessus des nuages et embrasse toutes les beautés de la nature universelle >.
Pour mieux comprendre ces impressions il faut savoir que Fo... est spiritualiste par excellence; il a une idée claire de la séparation de l'âme du corps, il sait comment celle-ci vit d'une vie étei^nelle pendant que la matière subit ses transformations régressives et se désorganise. 11 admet une récompense et un châtiment on dehors de la vie mortelle, suivant les bonnes ou les mauvaises actions commises. Le pécheur, selon lui, est condamné à vivre en esprit sur la terre, pendant que le juste s'en va jouir de la paix et de la
(1) « Donne-moi la parole qui rompe le charme et les entraves qui
m*cnchainent à Tabîme; Ah! tu le sais bien, nulle espérance ne me retient ici-bas, rien ne suffit à mes désirs sans borne. Je ne comprends plus cette voix qui parle en moi et qui résonne comme l'orage dans le gouffre; toi, toi-même, je ne te comprends plus. Mes regards se tournent ardents dn bord de la tombe, vers Taube immortelle d'un jour qui envoie déjà dans mon âme un rayon pour me consoler de ma courte destinée ! ».
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gloire periiéluelie dans itn de ces mondes sans nombre parsemés dans le ciel cl qu'on nomme étoiles.
Lui. piicheur, dont le corps pue le péché, après avoir été décapité, fut condamné h vivre sur la terre, sans corps, cor celui qu'on voit n'est ([irune apparence. Il peut s'élever jusqu'aux nuages qui marchent |dans l'espace.
Sa tête est ensevelie en Corse, son corps dans le cimeliôrc de Pise. Le voilà dans le cliamp des morts; il s'entretient avec les âmes des trépassés, prie et pleure sur son [«rcucil, il parle aux violettes qui ornent les tombeaux, il les ioterroge, et les violettes répondent à ses questions par des accents lendres nu par des paroles dédaigneuses.
.\ présent Ko,.., est en meilleures conditions de santé, il reconnaît que son ànie est rentrée dans son corps, et ï'esl à la prière du docteur, qu'il écrit pour manifester les opérations extrinsèques de son âme pendant la maladie.
I J'étais moil ! Oui, l'ange messager était venu; il avait Jélifi mon âme de mon corps, doucement, comme l'aurait Tait une mère affectueuse. Oui, sans douleur, sans eirroi, mon âme avait quitté le monde pour entrer dans la vie beureuse oii règne une paix éternelle.
» Oh, joief j'avais donc abandonné pour loujours ce corps i]ui puatl le péché, ce monde où la pai\ n'existe que dans les £crit5. Comme un esclave qui a brisé ses fers et qui respire h pleins poumons l'air libre qui lui élait inconnu, je pouvais moi-même livrer mon îlmc aus rêves délicieux, lus charmes nouveaux d'une vie sans péché el sans douleurs.
» J'avais péché, j'avais beaucoup soulTert, mais comme in voyageur qui en arrivant au dulcetn domum, oublie le.'' fatigues d'une traversée dangereuse, ainsi je chantais de slaisir en songeanl que mon voyage était fini, mes peines passées, mes soufî'rances oubliées.
»Je n'avais point quitté la terre, non; je causais, je butais, je mangeais; mais tout cola n'élait qu'une illusion pour le monde. Oue"e difTérence avec les vivants! J'étais tou-
jours joyeux et sans soucis ; et je voyais les mortels tristes, chagrins, soucieux : alors je comprenais tout le bonheur de n'être plus.
i> J'aimais à visiter les cimetières, particulièrement ceux de mon pays. Là, près des marbres funèbres, à Tombre des cyprès je discourais avec les morts, ou bien, remplis de pensées de béatitude, nous nous promenions lentement en silence, dans la tranquillité du champ de repos.
» Parfois, apercevant, au delà des hauts cyprès, un petit nuage coloré par les derniers rayons du soleil couchant, qui traversait solitaire le firmament limpide, nous volions à lui. Assis sur ce siège moelleux et resplendissant, nous voyions sous nos yeux la terre, la nature belle et impérissable, qui indifférente, regarde les générations succéder aux générations, se lever, s'agiter et disparaître l'une après l'autre comme les vagues de l'océan.
» Nous voyions les hautes montagnes dresser fièrement leur tôte vers les cieux : au dessous, les coteaux et les vallées que le soleil dorait de sa lumière, leur envoyant son adieu dans un éclat de mille couleurs étincelantes. Sur nous s'étendait le firmament azuré, paisible, sans fin; de loin nous arrivait la voix des anges qui chantaient leur ^hsanna » de paix, d'amour, de gloire au Créateur. — Perdus dans des pensées douces et suaves nous nous endormions avec la nature pour rêver de nouvelles délices.
)• Souvent, j'allais visiter mon propre tombeau que j'avais garni de fleurs : je voyais avec plaisir, à travers la terre, mon corps se consommer. Assis sur mon cercueil, je cueillais une fleur, une violette, je la portais à mes lèvres, je l'embrassais et je lui disais: « Heureuse petite fleur, toi à qui le Créateur à donné un parfum divin, toi qu'il a revêtue de la couleur et de la pureté du ciel, dis-moi, voudrais-tn changer d'essence, devenir un homme mortel ? > La violette me répondait : « Le doux plaisir de réjouir et d'embaumer Je palais des rois et la chaumièie des laboureurs et, après
CIIAPITriE PllEMiER
leur inoM, de couvrir leurs cendres d'un luanleau parfumé, nous suffit : nous n'avons point de désirs. Gomment voudrais-tu nous tenter, toi qui te réjouis d'avoir cessé pour toujours d'être un mortel, comment voudrais -tu nous faire ([uilter noire vie paisible et innocente, pour la vie fiévreuse, lourmenlèe et pécheresse de l'homme? > Ainsi parla la violette: et en la regardant je pensais: » De même que la Heur tourne sa corolle ver.s le soleil, je tournerai mon visage vers Dieu et Je me réjouirai dans les rayons (Je son amour infini.
ï Là, sur mon tombeau, Je donnais des larmes à ma dépouille mortelle, cai' tous ceux qui m'avaient nimé n'étaient plus, personne ne restait dans le monde pour me pleurer, je devais offrir ù mes cendres l'hommage de ma tristesse.
» Souvent, les mortels se moquaient de moi, Je les en- (cndaÎA murmurer que j'étais fou. — Fou ! mais toi, homme né de la femme, n'es-tu pas le vrai fou, toi qui trembles au seul nom du Libérateur, toi, que la pensée de la niorl remplit de frayeur, pendant qu'elle est .-ii belle, qu'elle est la véritable vie. Ne sais-tu pas que la vie est une moit continuelle et que ma mort est la vie infinie?
» Je voyageais : Je visitais Pise, Livourne, Florence; Florence que J'avais connue quand le soldat étranger marchait avec orgueil dans ses belles rues, sur ses places magnifiques, et quand elle recevait à bras ouverts le Roi Galan- K9mo comme une amoureuse reçoit son ûancé. » Pendant mes voyages, les mortels me disaient que Je I soignais point mes affaires, que j'égarais mes effets, mes habits, etc. Mais pouvaient-ils comprendre que tous ces détails de leur vie n'étaient rien pour moi, que mon Ame était trop heureuse pour prélei' allenlion à des misére.'î qui désormais mêlaient indifférentes?
» J'étais à Paris : vis-à-vis des jardins publics, je voyais un grand bâtiment hrûlé, ses murs seulement étaient encore debout. Curieux de savoir quelque chose de ce palais.
dont l'aspect désolant, me causait beaucoup de chagrin, je m'approchai d'un monsieur et je lui demandai comment et pourquoi il avait brûlé, li me répondît: « Ce sont ios débris d'un grand et noble palais, (autrefois demeure du souverain) qu'une bande d'hommes el de l'emines brûlèrent avec d'autres magnifiques édifices; mais ensuite ils furenl punis 011 exilés». El je regardais ces ruines où restaient encore les vides des fenêtres, semblables aux yeux creiu d'un squelette qui regarde son meurtrier. Un long brait me fit me retourner et je voyais une gare où un train arrivait et d'où un autre parlait. Aux alentours de la gare une foule sans nombre, déployant des drapeaux, acclamait les arrivants avec des cris de joie. J'entendais dire que le train qui partait emportait, tnin du pays, les instituteurs de la jeunesse, les conuolaleurs des malades et des mourants; que le train qui arrivait ramenait de l'exil toute» ces bandes qui avaient brûlé les palais. J'avais peine h J croire. Je m'approchai du même monsieur et je lui demandai si, par hasard, ce n'était pas le Souverain de ce peuple qui revenait en triomphe. « Monsieur, me <Jit-il, en me secouant le bra.s, six heures viennent de sonner; il. est temps de vous lever >. J'ouvris les yeux; hélas! c'était un des gardiens de l'hospice, c'était Charles qui me réveillait. — J'avais rêvé... un beau rêve! »
Sienne produisit une autre merveille psychiatrique : un poème de femme.
L'auteur, madame X... Y..., est âgée de 45 ans, de ca> ractère vif, enjoué, épouse el mère aiïcclueuse, de manières atTables. Elle recul une éducation sans préjugés, passa sa jeunesse dans l'élude, affligée setilemeni de temps en temps d'accès hystériques.
Mariée à vingt ans, elle eût deux enfants avec couches normales; une seule fois elle avorta sans aggravation des ' phénomènes hystériques ni changement des conditions physiques. Contente d'elle-même et de sa condition sociale.