LES MATTOÏDES LITTÉRAIRES ET ARTISTIQUES
Nous venons de voir le fond même du génie accompagné de la livrée de la démence. Eh! bien, il existe une variété qui nous présente la livrée de l'homme de génie avec le fond de l'homme vulgaire. C'est cette variété qui forme Tanneau intermédiaire entre les fous de génie, les hommes sains et les fous proprement dits: c'est aux malades qui la composent que je donne le nom de mattoïdes.
Cette variété constituerait dans le triste monde de la psychiatrie une espèce particulière d'un genre, signalé tout d'abord par Maudsley, sous le nom (Thommes à tempérament voisin de la folie; par Morel, par Legrand du Saulle et par Schûle(l) comme névrosiques héréditaires, par Raggi comme névropathes, et maintenant par plusieurs, avec une irrémédiable confusion, comme paranoïques.
Le mattoîde graphomane, qui représente la variété la plus fréquente, offre des caractères véritablement négatifs : il a presque toujours la physionomie et le crâne normaux (Bosisio, Cianchettini, Fus..., P.., etc.); — il échappe à l'hérédité : tout au plus est-il fils d'hommes de génie (Flourens, Broussais, Spandri, Knester, etc.); il prédomine constamment chez les hommes; je ne trouve dans toute l'Europe qu'une exception, M"® Louise Michel; — il apparaît surtout
(1) Geiateskrankheity ii, 1880.