Chapitre Premier
CARACTÈRES DES HOMMES DE GÉNIE QUI FU- RENT EN MÊME TEMPS ALIÉNÉS. — Caractère.
— Mégalomanie. — Précocité. — Alcoolisme. — Vagabondage. — Instabilité, etc. — Originalité. — Style.
— Doutes. — Exagération du mot — Allusions à la folie dans les ouvrages. — Absurdités folles, etc.
Si nous analysons, en effet, la vie et les ouvrages de ces grands esprits malades, dont retentit rhistoire, nous trouvons qu'ils se distinguent, au premier abord, par bien de traits, de Thomme vulgaire et même, en partie, des hommes de génie qui ont parcouru sans trace de folie la glorieuse parabole de leur existence.
I. — En effet, les génies aliénés n'ont presque point de caractère. — Le caractère entier, complet <r Qui jamais tu plie au souffle des vents», est la marque distinct! ve des génies complets.
Au contraire le Tasse déclame contre les cours, et pourtant, jusqu'à la dernière heure, il retourne en mendier les maigres aumônes. — Cardan s'accuse lui-même d'être menteur, médisant, et joueur. — Rousseau, pourtant si sensible, laisse dans l'abandon Tamie la plus tendre et la plus bienfaisante, il rejette ses enfants, calomnie les amis et soimême, et se fait par trois fois apostat — de la religion catholique, de la protestante, et, ce qui est plus grave, — de celle des philosophes.
Swift, ecclésiastique, écrit le chant obscène des amours de Strafon et de Glôe ; il dénigre la religion dont il est l'iio