‹ L'homme de génieChapitre 21 sur 257 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

postérieur est parfois plus pelil que dans les cerveaux inférieurs; mais alors, la surface s'en trouve augmentée, tandis que dans les cerveaux des dolichocéphales, à lobes pariétaux étroits et prolongés, elle est relativement peu étendue. La scissure post-Rolandienne très longue et flexueuse émet des branches qui pénètrent par difTérentes directions dans les circonvolutions voisines (1) )>. Dans les cerveaux de Wulferl et d^Huber, la troisième circonvolution frontale à gauche était très développée avec des méandres très nombreux et un développement considérable de la base. Chez Gambelta, cette exagération se traduit par un véritable dédoublement: le lobule quadrilatère droit y est divisé en deux parties par un sillon qui part de la scissure occipitale: de ces deux parties, l'inférieure est subdivisée en nombreux méandres par une incision à rameaux multiples, disposés en forme d'étoiles, et le lobe occipital est plus petit, surtout à droite (2).

f L'étude comparative de ces cerveaux, écrit Hervé (3), montre que les variations individuelles des circonvolutions cérébrales sont, en somme, plus nombreuses et plus étendues chez les hommes de génie que chez ceux qui ne le sont pas. Il en est surtout ainsi pour la troisième frontale, dont la morphologie n'est pas seulement plus variable chez les individus de la première catégorie, mais aussi plus complexe. Chez eux, celte circonvolution est très développée, d'un côté surtout, tandis que dans la catégorie la moins favorisée elle revêt à l'ordinaire des formes simples, à gauche comme à droite. Sans doute, les dispositions individuelles qu'elle présente sur le cerveau des hommes d'une intelligence remarquable peuvent bien se rencontrer aussi sur des cerveaux vulgaires, mais

(1) Ein Heitrag sur Analomie der Affem}ialte und der inlerparictaî Furche beim Menschen nach race, Gcschlcchl . und indUidunJitnt, 18S3.

(2) Bulletin de la Société d* anthropologie^ 1886, p. 135. (3/ Hmté. I/f circonvolutittn de Bt'ora, l'.iris, 1888.

elles y demeurent à l'étal de très rares exceptions. Moii étendue en général sur ceux-ci, la circonvolution de Bro<^- * oITre sur ceux-là plus d'inflexions, des anfractuosités se^ condaires et tertiaires plus nombreuses. Chez les intellecr^r tueis, la circonvolution du côté gauche est très fréqueiim ment beaucoup plus développée que celle du côté droit; che:^ les individus mal doués, la symétrie entre les deux côtés ^ sinon quant à la forme, du moins quant aux dimensions di'fl pli, est au contraire la règle, Tasymélrie est l'exception — Nous renvoyons au mémoire de Rûdinger et aux belle^^ planches qui l'accompagnent ceux qui voudront se faire? une idée du développement atteint, sur quelques-uns deseerveaux ijle la collection de Munich, par le centre de Broca. On remarquera tout particulièrement l'énorme volume et le riche plissement superficiel du pied de la circonvolution gauche chez le juriste Wùlfert (1), personnage remarquable^ entre autres qualités, par un grand talent oratoire. La circonvolution se montre de même (quoique à un moindre degré) plus forte et d'un dessin plus complexe à gauche qu'à droite, surtout au niveau du pied, chez le philosophe Johann Iluber (2), homme d'un grand savoir, très versé dans l'histoire de la philosophie et dans l'étude des sciences naturelles, écrivain et fécond dialecticien réputé chez Dirichlet et llermann (3). Pied au contraire extrêmement réduit et circonvolution très-simple à gauche, beaucoup plus développée à droite dans toutes ses parties, sur le cerveau de l'anatomo-pathologiste Buhl (4), professeur dont la parole était claire et facile, mais qui était gaucher ou du moins ambideslre. Rûdinger signale encore la prédominance du segment initial du pli de Broca chez les personnages suivants: BischofTle père, les physiologistes Dôllinger

il) PI. V. ûg. 1 et 2 du mémoire de Riidiiiîîer.

r2) PI. V. fin:. 3 et 4.

^3) Voir notre Planche II, 2 et 5.

(4) PI. V. fit^ 5 et 6.

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