CHAPITRE H
Saint Paul vantail sa continence absolue. Cavcndish manquait tout-à-fait de rinstinct sexuel, et il avait pour les femmes une antipathie maladive.
Flaubert écrivait à George Sand: < La muse, si revêche qu'elle soit, donne moins de chagrins que la femme. Je ne peux accorder l'une avec Tautre. Il faut opter (1) )>.
Adam Smith se disait <( galant seulement dans les livres ».
Chamfort, le misanthrope, à écrit: < Si Thomme suivait Taveu de sa propre raison, personne ne se marierait: — quant à moi je n'en ferai rien de crainte d'avoir un fils qui rae ressemble ».
El un poète français a dit :
« Les grands esprits, d'ailleurs très-estimàbles,
Ont très peu de talent pour former lenrs semblables (2) ».
Dissemblances. — Presque tous les hommes de génie différent autant de leur père que de leur mère (Foscolo, Michel-Ange, Giollo, Haydn). Et c'esl-là un des caractères de la dégénérescence. C'est pourquoi, on constate des ressemblances physiques entre des hommes de génie appartenant h des époques et à des races différentes, comme Jules César, Napoléon cl Jean des Bandes-Noires, comme Casli, Sterne et Voltaire. Au contraire, ils s'éloignent parfois du type de leur nationalité; et il se passe ici pour des trails très nobles et presque surhumains (élévation du front, développement remarquable du nez et de la tête, vivacité du regard) ce qui, pour les vulgaires, se produit chez les crétins, les criminels et souvent môme chez les fous. Ilumboldt, Virchow, Bismarck, Helmoitz, Iloltzendorf, n'ont point la physionomie allemande. Byron n'avait ni la phy^ononiie ni le caractère anglais. Manin n'offrait
(1. FLAunKRT. litres à George Sand. Paris, 1885. (?) Df3jT.jucuEs. Philos. marif*s.
point le type vénitien, et AlBeri et d'Azeglio ni le visage ni le caractère piémontais. Carducci n'a point la physionomie italienne. — Pourtant on rencontre de très notables et d'assez fréquentes exceptions. Michel-Ange, Raphaël^ Léonard de Vinci , Cellini présentaient le type italien.
Précocité. — Un autre caractère commun au génie et à la folie, surtout à la folie morale, c'est la précocité. Dante à 9 ans composa un sonnet pour Béatrix et le Tasse à 10 ans faisait des vers. Comte et Pascal étaient à treize ans de grands penseurs, ainsi que Fornier à 15 ans, Niebuhr à 7, Gionata Edwards à 12, Michel-Ange à 19. Gassendi, le Petit Docteur, écrit Beard, sermonnait à 4 ans, Bossuct à 12 et Voltaire à 13. Pic de la Mirandole de son enfance connaissait le latin, le grec, Thébreu, le chaldaïque, l'arabe; Gœlhe, avant 10 ans, écrivait en plusieurs langues; Wieland à 7 ans connaissait le latin, à 13 méditait un poème épique et à 16 ans publia son poème Die Volkommenste Welt. Lopez de la Vega lit ses premiers vers à 12 ans. Galderon écrivit à 13 ans son Char du Ciel; Kotzebue à 7 ans cherchait déjà à écrire des comédies et à 18 ans fit représenter sa première tragédie. — Victor Hugo à 15 ans composa Irtamène et à 20 ans avait déjà publié Hans d'Islatide, Bug^argal et le premier volume des Odes et Ballades; Lamennais dicta à 16 ans les Paroles d'un croyant. — Pope à 12 ans écrivit l'Ode on solitude et à 16 les Pastorales. Byron faisait des vers à 12 ans et à 18 publiait ses Hours of idleness (Heures d'oisiveté). Moore à 13 ans traduisit Anacréonte. Meycrbeer à 5 ans jouait excellemment du piano. Claude Joseph Vernet à 4 ans crayonnait très bien et à 20 était déjà peintre célèbre. À 13 ans Wren inventa un instrument astronomique et l'offrit à son père avec une dédicace en latin. Ascoli à 15 ans publia un livre sur la relation des dialectes de la Valachie et du Frioule. Métastase improvisait à 10 ans. Ennius Quirine Viscontî