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Chapitre IV

HOMMES DE GÉNIE ALIÉNÉS. — Vico. — Motanus.

— Harrington. — Haller. — Ampère. — Dolce. — Lee. — Loyd. — Schuhmann. — Gérard de Nerval. — Baudelaire. — Concato. — Mainl&nder. — A. Comte.

— Codazzi. — Bolyai. — Cardan. — Le Tasse. — Swift.

— Newton. — Rousseau. — Lenau. — Széckenyi. — Hoffmann. — Fodera. — Schopenhauer. — Oog'ol.

Toutes les analogies qu'on découvre entre le génie et la folie ne démontrent pas, à vrai dire, que ces deux faits puissent se confondre : elles nous apprennent cependant, comment et pourquoi l'existence du génie n'exclut pas toujours dans un même sujet, la présence de la folie.

En effet, sans parler des nombreuses intelligences qui furent, à un moment donné, livi.ées à .Thallucination ou à la folie, ou de ceux qui, -comme Vico, terminèrent par la démence une gloriense carrière , combien de grands penseurs se montrèrent pendant toute leur vie monomanes et hallucinés !

Notre époque a vu devenir fous: Lattre, Farini, Brougham, Southey, Govone, Gounod, Gutzkow, Monge, FourcVoy, Loyd, Cooper, Rocchia, Ricci, Fenicia(l), Engel, Pergolese, Batjusckoff, Mûrger, B. Collins, Techner, Holderlin. Von derWest, Gallo, SpedaIieri,Bellingeri, Salieri, Mûller le physiologiste, Lenz, Barbara, Fusely, Petermann,

(l) Masteiaiii. StU Genio e la Follia. Napoli, 1881.

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le peialre Wliit, Chain le c;iricaUiiif>le, Hiifiiilton, Poe, niilricli.

F,o France, l'emarqiic V. Martini, des poèins pleins rie jeunesse et d'originalilt!', tels que Atm. lieitlict, Morin , Dabellay, Du Boys, Balaitle sont morts rous(1). Tel parait aussi avoir été le sort de Brifraiill et de Laurent, atteints tl'uae véritable manie de la calomnie (2), Parmi les femmes, la Gnnderode, la Sliplilz, la Biachmann, la I.andon vdcu- ■■enl et moururent folles (3).

Victime de la solitude et des di^sordres de son imagi- Mlion, Hotanus en vient à se convaincre qu'il est changé ta grain de blé. Il refuse de se mouvoir dans la ciainte d'être becqueté par les oiseaux (4).

Ilarrington s'imagine que ses idées s'envolent de sa bouche, sous forme d'abeill^ : c'est pourquoi il se blottit dans Une cabane, armé d'un balai, pour les disperser.

Ilaller se croit poursuivi par les hommes, damné par Bieu pour la laideur de son îlme et pour ses livres héré- 'i(|ues. Il ne parvient à cahner ses terreurs qu'avec d'énormes doses d'opium et la conversation des prêtres (5). Ampère livra aux flammes un traité sur VAvenir de la <^himie, en le croyant l'œuvre d'une suggestion diabolique. Le grand peintre holland^js Von Goes se croyait démoniaque,

Charles Dolce. atteint de lypémanie religieuse, fait serment de ne peindre que des choses saintes. Il consacre son pinceau aux Madones; il est vrai que sa Madone à lui est le portrait de la Balduini. Le jour de ses noces, il manque seul au rendez-vous: après plusieurs heures, on le lioiive prosterné devant l'autel de l'Annonciation.

(I) Tra Mit ligara e l'oUn iSl Vis. Xn Ckwr. Sovtenir •31 StflULiiiû, Psychinlr., bi Ml ZiaMiuuKN. Delà tolitii (51 Tagebuek, Borne, 1S8Ï.

■ef. p. 44B. 1861.

% PnEMlÈBE PARTIE

Le poêle Lee rime pendant son délire treize tragédies; un jour, un collègue médiocre iuî dît qu'il est facile d'écrire comme les fous: ■ 11 est facile, répond Lee, d'écrire comme les imbéciles, mais non pas comme les fous >;

Thomas Loyd, qui composa de très beaux vers, élail an mélange étrange de malice, d'orgueil, de génie et de folie(l); s'il n'était pas salisfaîl des vers qu'il avait composés, il les inettail dans son veire « pour les nettoyer >, disait-il. Tout ce qu'il trouvait dans ses poches, tout ce qu'il touchait, ce fût même du charbon, du papier ou du labac, il avait la manie de le mêler à ses aliments dans un bul d'hygiène : le charbon le puriliait, la pierre le minéralisait ! !

Schubmann, le précurseur de la musique de l'aveoir, né de parents riches, ne rencontre aucun obstacle dans l'étude de son art chéri: îl trouve dans Clara Vicck une digne et aimable compagne; cependant, à î!2 ans, îL est ta proie de la lypémanie. à 46 ans il est poursuivi par les- labiés tournantes, qui savent tout, il est obsédé par des sons qui se développent en accords el même en compositions complètes. l'enctanl plusieurs années, il craint d'être enfermé dans un hospice d'aliénés: de leur tombe Mendeissohn et Beethoven lui dictent des combinaisons musicales. En 1854, il se jette à l'eau; il est sauvé et meurt à Bonn. L'autopsie révèle des ostéophytes, un épaississenient des enveloppes crâniennes et l'atrophie du cerveau (2).

Gérard de Nerval était sujet à une folie circulaire, avec des périodes d'exaltation et de dépression, dont chacune durait six mois. Dans ses momonls de calme, il était spi-

(I) Skelche o( Bettlam. Londres, 18B:!.

(il ScHOHUtitH. Biagitiphie. Wiudelewski. Dreaile. 1856.

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