‹ L'homme de génieChapitre 82 sur 257 · CHAPITRE II 17t · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 17t

ÙQ, très riche aussi en génie, et par la Saône, la Loire, Saône-et-Loire, la Cher, qui en sont très pauvres (voir lanche graphique).

La nature des terrains n'a aucune influence sur la producion des hommes de génie; car, nous trouvons les chiffres es plus élevés dans la Côte-d'Or, la Meuse, la Moselle, où e terrain est calcaire, et les chiffres les plus faibles dans eNord, les Deux-Sèvres, où le terrain est de la même naure; des autres chiffres élevés dans le Doubs, le Jura et la Heurthe, où le terrain est jurassique; pendant que le même errain offre des chiffres très faibles dans les Hautes-Alpes, a Charente, la Saône-et-Loire.

L'influence de la race est aussi très faible ; les descendants les Burgondes produisent de nombreux hommes de génie lans le Jura et le Doubs, ils en fournissent assez peu dans a Saône-et-Loire. Et avec la même race, la Haute-Garonne lonne dix fois plus de génies que l'Ariège, deux fois plus ue le Gers, et cinq fois plus que les Landes. — Dans la ïuyenne, la Gironde donne le double du Lot, et dans le anguedoc, l'Hérault donne sept fois plus de génies que la ozére. (Voir la Planche graphique).

4. Explicalion. — Tout cela signifie seulement que le 5nie ne pousse pas dans des pays où l'air est malsain. Cette coïncidence, presque absolue, entre le génie et le imat a été depuis longtemps pressentie par le peuple

par les savants, qui s'accordent à admettre la fréquence 5s hommes de génie dans les pays de colline. Un prorbe toscan dit: «Montagnards, gros souliers, fins certaux >. Végèce, au livre 1**% chap. ii, a écrit: Plaga cœli m solum ad robur corporum sed etiam animorum facil. t climat ne contribue pas seulement à la vigueur du »rps, mais encore à celle de Tame. «c Athènes, continue

même auteur, fut choisie par Minerve pour son air subtil

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qu'y fait nailre les hommes géDÎals ». CicéroD lainnéoe dil, à differeotes reprises, qa'à Athènes, oà Toii res^ un air fin, naissaient les hommes sages, tandis qoe Fair épais de Thébes ne laissait naître qoe des hommes e^ gourdis: Pétrarque, dans son Episêolmrimm, qui est conme le résumé de sa vie, fait remarquer, arec une grande ûtsistance, que tous ses chefs-d'œurre furent composés, on du moins médités, dans les douces collines de Vaucluse. — Michel- Ange disait à Vasari : < Georges, si quelque chose de bon a pu sortir de mon esprit, je le dois à Fair sobtfl de votre pays d'Arezzo(l) ». Zingarelli, à ceux qui loi d^ mandaient comment il avait composé sa mélodie de JnKdk €t Roméo, € Regardez ce ciel, disait-il, et dites-moi si vons ne vous sentez pas capable d*en faire autant (2) ». — Muntori dans une lettre à un Siennois écrivait : Votre air esl admirable, car il produit véritablement des esprits d*aoe extrême fécondité ». — L'Ecosse, remarque Macaulay, toat en étant une des nations les plus pauvres de FEurope, <M^ cupe le premier rang pour le nombre de ses savants: il suffit de cite> Bède, Michel Scott, Napier, Finventeur des logarithmes Buchanam, Walter Scott, Byron, Johnston, el Fon pourrait aussi dire Newton.

Viceversa dans les plaines les génies sont rares. De l'ancien Égypie, pays de plaine, Renan écrivait : < Pas un révolutionnaire, pas un réformateur, pas un grand poète, pas un artiste, pas un savant, pas un philosophe, pas même un grand ministre ne s'est rencontré dans l'histoire de l'Egypte.... Dans celle triste vallée d'éternel esclavage, on dura des milliers d'années, on cultiva son champ, on fut bon fonctionnaire, on porta sa pierre sur son dos, on vécut fort bien 5ans gloire. Un même niveau de médiocrité intellectuelle el

(1) Vasiri. Vite, p. 29.

(2) Florin >. Ouvrage cité.

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