‹ L'homme de génieChapitre 87 sur 257 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

seur de sciences naturelles, et en 1839 existait un Bernouilli, chimiste de quelque réputation.

Galton, dans un travail précieux, mais où se montre assez souvent un défaut, — dont je n'ai pu me défendre moimême, — la confusion du génie avec le talent , trouve une proportion de 421 génies sur 1 million d'hommes, — et dans ce chiffre ne sont pas compris 250 hommes dun génie tout-à-fait supérieur. — Proportionnés à 100, les génies, se diviseraient par rapport à l'hérédité, d'après la moyenne suivante :

48 fils, 18 oncles,

41 frères, 13 cousins,

31 pères, 17 aïeuls,

22 petits-fils, 3 bisaïeuls,

14 arrièro-pelil-fils, 5 grands-oncles.

L'hérédité entendue de celle manière, peut-être trop largement, serait dans les proportions de 50 pour 100 chez les peintres et de 40 p. % chez les poètes.

La probabilité que rencontrerait un homme de génie d'avoir des parents doués de génie serait de :

31 p. 0.0 pour le père d'un homme illustre comme 1 à

Gallon remarque pourtant que ces chiffres varient, suivant qu'il s'agit d'artistes, de diplomates, d'hommes de guerre, etc.

4. Critique: — Je ne crois pas, cependant, que cette immense entassement de faits nous autorise à conclure à une-

les

frères

fils

aïeuls

oncles

neveux

cousins

nme 1 à

influence héréditaire aussi complète dans ie génie que dans la folie. D*abord, dans cette dernière, elle s'exerce d'une manière plus intense et décisive— -comme 48 à 80: et puis si la loi de Galton s'applique exactement aux magistrats, aux hommes d*état, parmi lesquels l'adulation et l'adoration fétiche d'un parti ou d'une caste peuvent rehausser» bien au dessus du mérite, le fils ou le petit fils d'un grand homme, il en est tout autrement chez les artistes et les poètes.

Ici — la même influence se retrouve fréquemment chez les frères, les fils, et surtout les petits-fils, mais plus rarement chez les aïeuls et les oncles. — Et tandis que dans l'hérédité du génie, le sexe raascuh'n prévaudrait sur le sexe féminin dans la proportion de 70 à 30(1), dans l'hérédité de la foh'e il n'y a presque difiérence dans les deux sexes.

Gicéron, Gondorcet, Guvier, Buflbn, Goethe, Sidney Smith, Gowper, Napoléon I®% Grorawel, Ghateaubriand, Walter Scott, Byron, Lamartine, Saint-Âugustin, Gray, Swift, Fontenelle, Ballanche, Manzoni, Kant, Wellington, Foscolo, tiennent, à ce qu'on dit, leur génie de leur mère: — Bacon, Raphaël, Weber, Schiller, Milton, Alberico Gentile, Alberti, Tasse, le tiendraient de leur père. — Mais au fond quelle était la célébrité de ces pères et de ces mères pour qu'on ait le droit d'assurer qu'ils ont transmis leur génie à leurs enfants?

En plus: chez le plus grand nombre d'hommes de génie, il n'y a pas d'hérédité à cause de la prédominance presque

(1) RiBOT, dans VErédité psychologique, reporte une statistique française 4e 1861, diaprés laquelle sur 1000 fous de chaque sexe, 264 hommes et 266 /emmes Tétaient pour héritage.

Pour le sexe masenlin:

128 tenaient la folie du père, 110 de la mère, 26 des deux parents.

four le sexe féminin:

100 la tenaient du père, 139 de la mère, 36 des deux parents.

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