CHAPITRE
immédiate de la stérilité (1) et de la dégénérescence, ce doni la noblesse nous fournit une preuve remarquable (2).
EoGn , à part un petit nombre d'exceptions, comme nous en oITrent les Darwin, les Cassini, les Bernonilli, les Saint- Hilaire, les llerschel, le génie ne transmet aux descendants qu'une légère tendance, magnifiée à nos yeux, par le prestige du nom :
dont ^^^
Qui sonj.'e au Tizianello à côté du Tilien, à Nicomaque à côté d'Arislole, h Horace Arioste à côlé de son grand oncle, et au bon professeur Christophe à côté de son grand ancêtre J. Bernouilli??
Au contraire, la folie se Iransmet assez fréquemment toute entière et même avec une plus grande intensité, aux nouvelles générations. Les cas de folie héréditaire chez les
1 1) Stihop«nhauet, DuMurle», I^lbnitz. Mile brandie. Kani, Kpinoia. Michel- ADge, Newton, FobgoIo, Alfleri, Meycrbeer, Leonarilo Viiiâ , Voltaire, Macanlaj-, Chateaubrianil. Uazzini, fleplIioTen, Handul, Ciivour, Aloardi, am-rriizd, fnrenl célibataires et bien do grands lioiiimeB mariëH ne furent pas heureux eu nuriage. Shakespeare, Dante, Marïolo, Bjroii, Colerld(îi:,Carlyle, Ary Scheffer, EoTani, A. Comte, Haydn, Mîlion, Sterne.
|2) GaJtdD lui-mËLiie convient que sur 31 grandca familles de niagintrata élevrj â la Pairie, vers la Ha du règne do Georcos IV, 12 se sont éteiates, celles surtont qni ont contraclA des allianoeB avec de grnndes héiitUres, — Sur 437 faiDÏIIes adoiises â la hourgeosie de Berne, do 1583 i 1654. Il n'en TMtKit plus que 168 en 17S1 - et U! dii Conseil fédéral étaient réduites k 5S en 16:5. — • Quand on annonue un grand d'Espa^fue on peat s'attendre à Toir apparaître un avorton > (Ribot, De l'héi-édité. p. 820). — Presqae toute la noblesse française et Italienne est devenue aujourd'hui un instrument inerte entre les mains du clergé, et ee n'est pas la moindre des causes qiU amènent l'instabilité de nos Institutions. — Combien, parmi len souverains de TE HTope. conservent encore ces vertus de leur» ancêtre», à aion présumée desquelles iN doivent en grande partie leur t: prestige tl
(■') I>»STS. Piirgaloriii, rir.
fils et petils-fils, souvent avec la même forme d'aliénalioit que chez les aieux, sont très nombreux.
Tous les descendants d'un noble d'Hambourg, que Thistoire enregistre parmi les grands hommes de guerre, étaient à 40 ans frappés de folie : il n'en restait qu'un seul rejeton , officier lui-même, à qui le Sénat défendit le mariage; à 40 ans, en effet, il était fou (1). L'hospice des aliénés de Conneclicut a vu se succéder 11 membres de la même famille (2).
Un horloger, guéri d'une folie causée par la révolution de 1789, s'empoisonne: plus tard sa fille est prise de folie et tombe en démence ; un de ses frères se frappe d'un coup de couteau dans le ventre, un autre devient alcoolisle et meurt sur la route, un troisième refuse la nourriture et meurt d'inanition; sa sœur, de bonne santé, a un fils aliéné et épileplique, une fille qui devint folle pendants ses couches et qui rebutait la nourriture, un enfant qui refusait d'être allaité, et doux autres morts ensuite d'une affection cérébrale.
Dans une famille étudiée par Borti, sur 4 générations d'environ 80 individus, issus d'un fou mélancolique, nous en voyons 10 atteints de folie et presque tous de folie mélancolique, 19 névrotiques, 3 de génie et 3 criminels, le 36/100; le mal s'aggrave toujours dans les dernières générations et se développe en Age de plus en plus tendre. Dans la première et quatrième branche, les fous et les né* vrotiques se multiplient à toutes les générations; dans les autres au contraire, l'hérédité franchit une génération dans les hommes, deux dans les femmes.
L'histoire des Jucke (3) a démontré qu'une telle influence peut se développer d'une manière encore plus puis-
(1) l.UPAS. De V Hérédité.
(2) RiBfiT. Ouvrage cité.
(3) Voir mon Hnnnne criminel. Ppris, Alcan, 18éi7.
:~an(e, suitouL par rappoi-l â l'alcoolisme. D'un seul chef de ramille, grand ivrogne, Max Jiicke, descendirent en 75 ans, 200 voleurs el assassins, 280 malades alleinls de cécité, d'idiotisme, et d» phthisie, 90 prostituées et 300 enfanta morts pri^malurémenl. Les divers membres de celte famille coûtèrent à l'État plus d'un million de dollars.
Ce n'est pas U'i un fait isolé; partout, dans les ouvrages récents, il est facile d'en trouver d'analogues, même de plus curieux.
Où est donc la famille d'hommes de génie qui puisse nous offrir une génralogle aussi falalemenl cl aussi progressivement féconde?
.Vais il y a encore quelque cltose de pire.... Flcmming et Demaux ont démontré que non seulement les ivrognes transmettent !i leurs dcscendanis la tendance à la folie et au crime, maïs encore que les parents sobres, qui ont donné lieu k la conception pendant une ivresse passagère, engendrèrent des enfants ou épileptiqnes, ou paialyliqnes, ou fous, ou idiots, et principalement microcéphales, ou atteints d'une extraordinaire faiblesse menlale, qui, k la première occasion, se transforme en Folie (1); ainsi, un seul baiser, accordé dans un moment d'ivresse, peut devenir fatal A une génération entière.
Quelle analogie poiirrait-on trouver ici avec la rare, et et, presque toujours incomplète, hérédité du génie?
. Parents et /iU criminels ow aliénés des hommes degènif.. ! n'est pas, loulefois que le parallélisme du génie et
^^■n Acad. des seifiiffs. 1871. — On a ei>iiBhil<:'x j cn< it'i-[>ilrpHi«, i <I»
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• miiroc^phaliea liistologiqnesi <iuî «c trouvent
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de la folie vienne ici à manquer; nous voyons, au contraire, que beaucoup d'aliénés onl des parents de génie; el que beaucoup d'hommes de génie ont eu des parents el des fils épileptiques, fous et surtout criminels^ et réciproquement; le lecteur peut s'en certifier, en étudiant l'histoire des hommes de génie, des Césars, de Charles-'Quint, de Pierre le Grand. Nous y voyons la dégénérescence progressive dans le crime et la folie se produire plus souvent chez les parents ou chez les enfants, que la conservation et Taccroissement du génie. Cela confirme a posteriori, le caractère dégénératif du génie: et en même temps manifeste les rapports qu'il a aussi fréquemment avec la folie morale.
Le fils du vertueux Marc-Aurèle, Commode, fut un monstre de cruauté. — Le fils de Scipion l'Africain, était imbécile, et un fils de Cicéron un ivrogne. -* Le fils de Luther était insubordonné et violent; celui de Guillaume Penn, débauché et fripon. — Thémistocle, Aristide, Périclés, Thucydide, ont été malheureux dans leurs enfants.
Colomb eut un petit-fils trigame: Cardan deux fils criminels: Tun, doué de génie, fut condamné à mort comme empoisonneur; Taulrc, joueur, alcooliste et voleur fut enfermé successivement dans les prisons de Pavie, Milan, Crémone, Bologne, Plaisance, Naples; à peine était-41 arrêté qu'il promettait de se corriger, mais une fois libre, il revenait au vol et allait jusqu'à calomnier son père et chercher ainsi de le faire emprisonner (1). Le père de Cardan était bègue, original, ne s'habillant pas comme tout le monde, amateur de toutes sortes d'études; ~- ayant perdu plusieurs parties des os du crâne, à la suite d'une blessure reçue dans sa jeunesse, il se croyait guidé par un esprit. — Sa mère était colère; étant enceinte de lui elle
(1) BcRTOLoTTi. Testamenti di Cardano. 1882.